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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Une histoire résumée de l'art - Partie I - L'art préhistorique et primitif...ou l'art plus utile qu'esthétique

Art-prehistorique.jpgA son apparition, l’art était bien plus utile que représentatif d’une idée, d’une vision, d’une interprétation du réel. Les artistes préhistoriques, puis primitifs, usaient de la peinture par  exemple pour dessiner leurs proies, ou leurs ennemis, en pensant avec le dessin les posséder et donc les maîtriser. L’art était ainsi considéré comme une force magique et non comme une expression esthétique. En représentant un animal sur le mur d’une caverne, l’homme préhistorique s’attendait à détenir la bête. En lançant une pierre sur le visage dessiné d’un chef rival, il pensait le faire souffrir. Les premiers pas de l’art sont ainsi utilitaires en qualité d’outil de contrôle à distance. Les peuples primitifs, tout en conservant cette démarche, sont ensuite allés plus loin dans l’usage de la représentation matérielle. Elle leur servit aussi à se confondre avec certaines espèces animales, qu’ils estimaient comme ayant des liens de parenté avec eux-mêmes, notamment lorsqu’ils se paraient de peaux animales pour danser et ainsi mieux, pensaient-ils, ressembler à ce qu’ils croyaient être. L’art s’associa donc de plus en plus avec la croyance. Il s’agissait dès lors d’en disposer pour se protéger du maléfice. Les œuvres primitives sont d’ailleurs relativement dépouillées car il n’était pas question de reproduire la nature dans toute sa diversité. Ce qui importait, c’était de retrouver dans l’image ou dans la matière transformée des signes d’une réalité considérée comme toute puissante face aux pressions démoniaques. Des yeux et une bouche suffisaient pour que le bien ou le mal apparaisse dans l’imaginaire. La simplicité domine alors l’art primitif, mais celle-ci n’est pas due nous le comprenons à des carences techniques. Ce qui est simple ne demande pas moins parfois une grande dextérité de la main et beaucoup de compétences. L’origine de cette simplicité est avant tout l’idée qu’ont les peuples primitifs de leur art pour les servir ; autrement dit, ils n’ont pas besoin du détail pour se sentir protégés, ou tout puissant avec l’image. Ce constat laisse à penser que l’art n’est pas tant un mouvement progressif corrélé à des performances croissantes sur le plan technique, ou une succession systématique d’avancées qui réfutent pour partie le passé comme la science, mais bien l’expression d’une époque, le réceptacle des idées d’une civilisation qui participe de sa culture. Voilà peut-être un premier enseignement au sujet de l’histoire de l’art : elle n’est pas une retranscription de faits ou de données et leur compréhension, mais le recensement des transformations de la matière représentatives d’une conscience qui pense ce qui est, ou imagine ce qui pourrait être.

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