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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Quand la philosophie et la religion produisirent des idoles

Echec-philosophie-et-religion-copie-1.jpgLa philosophie et la religion ont ce point commun de proposer un trait d’union entre les hommes : la raison pour la première, l’amour de Dieu pour la seconde. Elles s’interposent toutes deux entre les hommes afin qu’ils puissent viser un même point, et ainsi se reconnaître les uns et les autres dans cette visée commune. La philosophie et la religion partent du postulat que l’homme ne peut découvrir directement autrui comme son prochain s’il lui est trop différent. La reconnaissance mutuelle repose ainsi sur une médiatisation. Dans le rapport de l’homme à l’homme se trouve un tiers qui lie l’homme avec l’homme, et qui est au fondement de l’universalisation de l’espèce humaine. Un européen peut ainsi considérer tout habitant d’un autre continent comme son semblable parce que tous deux sont dotés de raison. Un chinois reconnaît son voisin japonais parce qu’ils aiment un même Dieu. Tel est le principe de la transcendance verticale. Sauf que dans la pratique, celle-ci n’en est resté qu’au stade horizontal, en produisant notamment des idoles. Tout d’abord, il n’existe pas qu’un seul dieu, d’où la tentation d’imposer le sien aux autres. La religion propose aussi un rapport amoureux entre l’homme et Dieu, et les hommes sont censés se retrouver dans cet amour. Mais l’amour ne se décrète pas, ou alors s’il s’impose, il perd de sa substance. Quant à la raison chère aux philosophes, elle manque de charge émotionnelle pour amener tout le monde vers elle, sauf à la détourner pour bâtir des systèmes de moins en moins raisonnables. Ainsi, la philosophie et la religion ont échoué quant à convaincre l’homme, qu’au-delà de toute différence physique, culturelle, morale, historique, il est unique.

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