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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Le Sang noir - Un roman de Louis Guilloux

Le-Sang-noir-Louis-Guilloux.jpgLa guerre est horrible, et ce qui se passe à l’arrière des combats peut ajouter à l’horreur qui la caractérise. Le roman de Louis Guilloux, Le Sang noir, est le récit d’une journée de 1917, l’année peut-être la plus terrible de la première guerre mondiale car la patrie, en plus d’envoyer ses enfants dans des charniers monstrueux, donna elle-même la mort aux siens qui trop désespérés refusèrent de se battre. Cette journée donc, n’est pas celle des combattants, mais elle n’en est pas moins terrifiante. Elle concerne une petite bourgeoisie trop vieille pour partir à la guerre, et trop bête pour la refuser. Pendant que toute une génération verse son sang, cette petite société s’entretient dans des relations hypocrites, médiocres, emphatiques parfois alors que le deuil exige le silence. C’est aussi l’effondrement d’un monde que nous décrit Louis Guilloux. Que dire de ce professeur de philosophie, personnage principal, dont les pensées nihilistes accompagnent la décadence d’une époque et pour qui un dernier sursaut d’honneur est refusé ? Que dire de celui-là acclamant les permissionnaires avec des vers de sa composition, pendant que tant de jeunes hommes sont abrutis dans les tranchées ? Que dire du faste récompensant l’épouse d’un député parce que reconnue par la pensée bienveillante, alors qu’un père et une mère suppliantes s’effondrent lorsque la politique leur refuse de voir une dernière fois un fils promis à la fusillade ? Que dire enfin de cette femme qui ne croit pas que l’on puisse tuer pour des idées ? Il est des miroirs qui déforment la réalité. Celui que nous propose Louis Guilloux, par le truchement de quelques personnages à l’arrière de tout, du front et de l’intelligence, est au contraire le reflet aigu, avec le contraste, d’une atrocité de masse.

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claudine redon 11/04/2012 09:54

Un des meilleurs romans du XXe siècle:le personnage de "Cripure" est extraordinaire et la peinture de la société d'une telle noirceur que le roman une fois lu, laisse des traces indélébiles,on ne
peut l'oublier, roman cruel,féroce et cependant non dénué d'humour,il y a des pages très drôles car le lecteur peut être cruel lui aussi et rire de tout.L'histoire est profondément originale et ce
livre ,unique en son genre.A mettre entre toutes les mains...pour la réflexion!!!

Jefka 11/04/2012 14:07



Je suis bien d'accord avec vous Claudine. Roman puissant, d'une grande force. Avez-vous lu Voyage au bout de la nuit, de Céline ? Ce n'est pas mon cas mais je crois me souvenir d'avoir lu que le
reoman de Céline est de la même trempe.


Merci en tout cas pour votre commentaire


Jean-François