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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Le Joueur - Un roman de Dostoïevski

Le-joueur-Dostoievski.jpgLe joueur est un être dont la passion le dépasse. Le joueur est prêt à tout pour une seule et unique chose : jouer. Rien ne l’importe plus que de manipuler les cartes, que de lancer les jetons sur le tapis, que de se concentrer sur la trajectoire de la boule sur la roulette, que d’être suspendu quelques secondes au sort, ce moment privilégié et tant adoré par je joueur, entre la mise et le résultat du jeu. Dostoïevski a beaucoup joué dans sa vie et a énormément perdu. Son itinéraire de joueur, il le raconte dans son roman Le joueur, par le truchement du personnage principal, Alexeï Ivanovitch. Celui-ci est un passionné, tant au jeu, qu’en amour. La raison n’a guère de place dans son existence. Irraisonné, il est sujet à deux dépendances. La première concerne une femme pour laquelle il est prêt  à tout. La seconde concerne le casino pour lequel il est prêt à tout. Ainsi, le jeu et l’amour concernent une seule et même existence et l’on peut imaginer celle-ci comme un affrontement entre ces deux passions, jusqu’à l’écroulement du passionné. Pourtant, même s’il est particulièrement emporté par ses élans passionnels, Ivanovitch ne sombre pas. Il joue, il perd. Il aime sans être aimé. Il est aimé sans aimer. Peu d’instants de sa vie sont convergents. L’association du jeu et de l’amour ne crée que des dissonances dont son âme souffre. Rien de commun penserions-nous alors entre les deux et il serait vain de les unir. Cependant, l’inclinaison d’Alexeï pour le jeu et l’amour a une origine commune, celle de s’en remettre au hasard. A une époque où Dieu est en voie d’extinction, où les idoles progressivement sont brûlées, l’homme se trouve de plus en plus seul. Il peut encore croire en un destin, sans se demander qui le commande, ou alors se précipiter dans le désert et jouer avec la contingence. Ivanovitch joue plus que des sommes d’argent. C’est sa vie qui est sur le tapis, comme elle l’est avec son amour, et non avec l’amour. Il est seul en effet, pense-t-on, dans la relation qui le lie avec l’une des protagonistes. La misère d’Alexeï n’est donc pas celle qu’il croît, lui qui pense souffrir d’inconfort social. La chance à la roulette ne le sortira d’ailleurs pas de son désarroi, qui est bien plus un manque d’espérance qu’un désespoir matériel. Le joueur décrit pas Dostoïevski est un homme esseulé qui se fourvoie dans des directions que seules la passion commande, le ciel n’y pouvant rien car dorénavant désertique.

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