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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La symphonie pastorale - Un roman écrit par André Gide

Symphonie-pastorale.jpgLes sons au service d’une symphonie harmonieuse sont capables de diffuser la lumière là où les ténèbres sont présentes. La musique est parfois plus qu’une simple association de notes. Elle peut être l’alliée de l’homme dans son ambition à côtoyer l’éternité et la pénétrer pour en savourer toute la profondeur. Ainsi la nuit n’est plus une fatalité mais un fait dont il convient de s’accommoder. Comme pour cette jeune fille aveugle, dont André Gide nous livre l’histoire, qui est recueillie par un pasteur dont la foi ne saurait supportée toute indifférence sur le sort de cette miséreuse plongée dans une obscurité permanente. La fillette est d’ailleurs vierge de toute éducation car abandonnée depuis sa plus jeune enfance, la famille n’offrant dans l’absolu aucune garantie d’assistance. Le pasteur s’emploie donc à élever sa protégée dont la cécité implique un mode d’apprentissage différent que de coutume. La vue en effet ne peut être exploitée dans cette démarche enseignante mais ne restent-ils pas d’autres sens, comme l’odorat, le toucher et surtout l’ouïe. L’oreille est en effet un formidable capteur à celui qui se donne la peine d’en faire usage pas simplement pour entendre mais surtout pour écouter. La jeune héroïne, compte tenu de son handicap, ne peut d’ailleurs faire autrement, notamment lorsqu’elle assiste à un concert dont le thème est la Symphonie pastorale de Beethoven. Elle se trouve alors transportée et ainsi découvre le monde et l’éternité dont il relève, pour mieux apprécier par la suite le sens des choses. Le fait d’être non-voyante n’est donc plus à considérer exclusivement comme une déficience de la nature mais également comme une opportunité lui permettant de se sensibiliser à la réalité et d’atteindre la juste mesure. Elle vit par sensation et s’approche bientôt plus près de la vérité que ceux dont la clarté ne leur fait pas défaut mais qui néanmoins manquent d’attention. Gertrude, car tel est son nom, se doit d’être concentrée sur chaque sujet compte tenu de sa condition et rien ne lui permet de s’en échapper, hormis un refus obstiné de sa part, contrairement aux voyants qui trouvent toujours une bonne raison de se laisser distraire. Gertrude ressent profondément aussi l’amour que lui porte son protecteur, qui le temps passant n’est plus simplement filial, même si ses yeux ne lui permettent pas d’en connaître le physique, mais par contre la préservent de tout regard détourné vers un jeune homme qui la courtise. Elle n’a pas non plus les moyens de distinguer la peine que cet amour inflige à celle qui est l’épouse de son amant et ainsi elle se soustrait de toute culpabilité par rapport à une relation inavouable. Mais que se passerait-il si un jour la demoiselle recouvrait la vue ? André Gide y répond.

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