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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Une histoire résumée de la philosophie occidentale - Partie 9 - Spinoza reconnaît la nécessité mais n'en conseille pas moins la liberté d'agir et d'aimer

Spinoza-necessite-liberte-philosophie-histoire.jpgSpinoza, dans L’Ethique, présente un système concluant sur un panthéisme absolu, une immanence totale. Le philosophe hollandais, contemporain du peintre Vermeer qu’il admire, croit en Dieu, mais selon lui, le divin est impersonnel. Il nous dit qu’il s’agit d’une substance, laquelle est infinie et est à l’origine de tout, que l’on peut nommer Dieu, ou encore la Nature. Cette substance détermine tout aussi, et ainsi il n’y pas pour Spinoza de place pour le libre-arbitre. Cependant, l’homme a tout de même la liberté de connaître ce qui l’entoure, ce tout qui l’a créé et auquel il appartient, auquel il lui est également impossible d’échapper, sauf peut-être avec l’imagination, mais qu’il peut comprendre avec la raison. Spinoza s’inscrit dans le courant rationaliste, sans pour autant oublier le rôle prépondérant des affects pour ce qui est de la vie humaine. La raison est certes une faculté intrinsèque à l’homme, lui permettant de mener une activité réflexive, le caractérisant dans le monde des vivants, mais selon Spinoza, la raison n’est pas l’essence primordiale de l’être humain. Selon lui, c’est bien plus le désir qui est une force, laquelle oblige l’homme à persévérer dans son être, tout cela compris dans une puissance faite pour exister, pour agir. Mais le degré de cette puissance est variable, et les passions sont corrélées avec cette variabilité. Que la puissance augmente, et c’est la joie ; à contrario, ce sont les passions tristes qui l’emportent. Ainsi, Spinoza considère la philosophie comme permettant de maintenir un niveau de puissance élevé, donc de vivre une joie durable, de passer du sentiment éphémère d’être joyeux à un état permanent qui est la béatitude. Pour cela, la raison est nécessaire mais elle ne suffit pas. Il faut également et surtout aimer, aimer ce qui est. Spinoza, comme Pascal, exprime la grandeur de l’homme, mais il n’en fait pas une contrepartie de la tragédie humaine. Pour Spinoza, cette grandeur est avant tout une conquête, et le contenu de l’existence en est le témoin quand celle-ci participe de cette grandeur. Pour cela, l’homme dispose de la liberté d’action et d’aimer, à condition de le vouloir, avec aussi lucidité, car la liberté n’est pas un don ; elle s’acquiert.

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