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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Une histoire résumée de la philosophie occidentale - Partie 4 - Quand Aristote, contre Platon, restitue à l'homme sa dimension humaine

Debat-aristote-platon-histoire-philosophie.jpgAristote, contrairement à son maître Platon, est un philosophe de l'unité. Toute sa pensée tend à réunifier ce que la philosophie platonicienne a divisé, entre le corps et l'âme. Il y a certes des déiversités au sein du monde, et Aristote s'attèle à les catégoriser, mais toute chose appartient à un tout unique. Aristote pense le réel dans sa globalité tout en procédant par différence conceptuelle, par opposition même, entre l'acte et la puissance par exemple, ou encore en distinguant l'essence, soit ce qui est en soi, indépendamment de tout événement, de l'accident, c'est-à-dire ce qui survient. Ainsi, l'âme n'est pas séparable du corps, mais elle lui est différente. Le bien, que Platon logeait dans un arrière-monde inaccessible au corps, n'est pas pour Aristote une idée que seule l'âme peut entrevoir. Le bien pour lui n'est pas intelligible ; il est un but ou une action, et c'est l'homme tout entier qui s'y engage. Il faut pour cela de la force, et c'est la vertu qui la produit.

Aristote est également un philosophe de l'action. Il considère que c'est l'acte qui forge la puissance, et pour lui la liberté entre dans la condition humaine. Pour autant, il n'abandonne pas tout concept de transcendance pour penser l'existant. D'après lui, il y a un « Premier moteur », éternel et immuable, à l'origine du mouvement et de l'accident constitutifs du monde. Et la contemplation, avec l'exercice philosophique, doit permettre au penseur d'accéder à cette transcendance. Cependant, la vie pour Aristote ne se résume pas à contempler, ni à philosopher d'ailleurs. L'existence humaine n'est pas non plus exclusivement circonscrite au devoir vertueux. Il faut aussi aimer, et être aimé, car interroge-t-il, «sans amour, qui voudrait de la vie? ». Aristote rend donc à l'homme toute sa dimension humaine, à l'inverse de Platon qui l'en avait dépossédé, en ne reconnaissant de valeur qu'à l'idéalisme. Les sceptiques, les épicuriens et les stoïciens, dans la lignée d'Aristote, vont également se démarquer du ciel platonicien.

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