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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Une histoire résumée de la philosophie occidentale - Partie 3 - Platon succède à Socrate et crée le ciel des Idées

Platon-ciel-des-idees-histoire-philosophie-occidentale.jpgPlaton est le plus illustre disciple de Socrate, en relayant sa pensée dans des dialogues écrits et en le mettant en scène en tant que personnage central contre les sophistes. Mais Platon est plus qu'un rapporteur. Il s'affranchit de son maître pour proposer sa philosophie, laquelle constituera l'un des courants essentiels de la pensée occidentale. Néanmoins, il ne s'en démarque pas radicalement. Il privilégie lui aussi, à l'inverse des sophistes, la vérité. Il s'indigne aussi de la mort de Socrate lorsqu'elle vient après une condamnation par une justice accusant ce dernier de corrompre la jeunesse. Pour Platon, les hommes ne semblent guère prêts pour la vérité en accablant celui qui consacra la majeure partie de sa vie à la recherche du vrai, au profit de ceux qu'il croisa sur son chemin. Platon estime que la vérité est travestie par le monde sensible, celui où le corps s'exprime et cède volontiers aux sens illusoires. Il introduit en philosophie le dualisme à propos de l'homme, le corps et l'âme, mais également pour ce qui est du réel. Le monde n'est pas un mais deux, avec le monde sensible et le ciel des Idées. Dans ce ciel se trouve la vérité sur chaque chose, soient les essences, que seule l'âme peut atteindre. Sauf que celle-ci est, selon Platon, prisonnière du corps, lequel détourne ainsi le sujet du monde intelligible en l'occupant avec des passions stériles. Le corps corrompt l'homme vivant, et la mort libérera l'âme, telle est la conclusion platonicienne sur le sens de l'existence. Mais sans attendre la fin du corps, Platon recommande de s'essayer à chercher le ciel des Idées sa vie durant, et la philosophie est pour lui le meilleur moyen pour s'y exercer, ce qui lui fait dire que « philosopher, c'est apprendre à mourir ». Autrement dit, la philosophie prépare l'âme à retrouver le vrai qu'elle a perdu en se trouvant plongée dans un corps. Platon considère également que les mathématiques sont un témoin des essences éternelles, en tant que vérités abstraites, et l'homme est capable de s'en saisir à condition de refuser la facilité des apparences et la paresse des opinions. Platon, ayant fondé une école, l'Académie, exige de ses élèves une appétence pour les mathématiques, et il insert sur le fronton de son établissement la devise suivante : « Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre ».

La pensée de Platon est aussi celle de la transcendance : le bien est dans un ailleurs qui dépasse l'homme. Platon ouvre ainsi une voie au mysticime et à la religion. L'idée présocratique visant à considérer le monde comme un tout, en pensant l'immanence, cède devant le dualisme platonicien. Pour Platon, le bonheur n'est pas dans la nature. Cependant, d'autres penseurs ne se satisfont pas de cette conclusion, comme son élève Aristote.

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