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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Une histoire résumée de la philosophie occidentale - Partie 7 - Montaigne et Descartes, chantres de la pensée moderne

Philosophie-moderne-montaigne-descartes.jpgLa philosophie moderne débute au XVIème siècle, plus particulièrement grâce à Montaigne. L’époque est marquée par un retour à l’Antiquité, avec la Renaissance. Montaigne reconnaît Socrate comme celui qui, le premier, a pointé la philosophie sur l’homme, et non vers le « Ciel, où elle perdait son temps ». Montaigne s’inscrit dans cette voie philosophique, mais son œuvre est centré sur lui. La philosophie devient alors autobiographique, car chacun porte en lui la condition humaine. C’est aussi et surtout le doute qui anime Montaigne, et détermine le commencement de la pensée moderne. La représentation d’un monde clos, tel que l’envisageaient les penseurs antiques et la théologie médiévale, cède peu à peu le pas devant une idée : l’univers n’est pas un espace limité, mais c’est l’infini qui le caractérise. Ainsi, l’absolu échappe aux hommes. L’heure est au relativisme, voire au scepticisme, ce que l’Eglise catholique ne peut supporter, son dogme étant fondé sur l’absoluité. Elle brûlera, avec l’Inquisition, des penseurs qu’elle trouve trop hardis, comme Giordano Bruno. L’infini, en effet, effraie, car il n’est pas aisé pour l’homme d’y déterminer sa place. Le relativisme est aussi un mode de pensée sans fin ; si tout est relatif, comment alors trouver un point d’ancrage pour le vrai, pour la certitude ? Descartes, pourtant, énonce le premier une réponse, en proposant le cogito ergo sum : je peux certes douter de tout, mais pour douter, il me faut bien penser, y compris de penser que je doute. Et pour penser, il me faut bien exister, c’est-à-dire être. Ainsi, la pensée est l’essence de l’homme, car douter c’est penser. « Je pense, donc je suis », et par conséquent le sujet humain se positionne au centre de la réflexion philosophique car son étant est la toute première des certitudes. Il suffit ensuite, pour Descartes, à partir de ce primat, d’identifier des enchaînements logiques pour établir d’autres vérités. Ainsi, bien qu’il débutait sa pensée sur le doute absolu, Descartes finit par l’enfermer dans une démarche méthodique jusqu’à l’annuler, avec pour postulat qu’est certain ce qui est concevable clairement et distinctement. Il ira même jusqu’à démontrer méthodiquement l’existence de Dieu. On est bien loin de Montaigne, mais tous deux ont le point commun d’avoir réussi à mettre fin à la scolastique. Avec Descartes, c’est aussi la science moderne qui s’annonce, avec la méthode cartésienne, basée sur l’intuition, puis l’analyse consistant à décomposer ce qui est complexe en éléments simples, et aussi sur la synthèse qui permet à partir de constats unitaires de tisser une conclusion de portée générale. Descartes privilégie donc l’intuition, la déduction, l’induction, et son mérite est d’avoir, avec sa démarche rationnelle, concouru à chasser du monde la superstition. Il est en cela, avec Montaigne, l’un des plus grands penseurs modernes, comme l’est également son contemporain, Blaise Pascal.

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clovis simard 09/09/2012 15:52

Blog(fermaton.over-blog.com),No-8. - THÉORÈME SACRÉ. - La pensée moderne ?