Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Une histoire résumée de la philosophie occidentale - Partie 6 - Le Moyen-Age où la philosophie est absorbée par la religion

Saint-Augustin-philosophie-religion.jpgL’effondrement de l’Empire romain d’Occident s’achève en 476 après J-C. C’est le Moyen Age qui s’ouvre, succédant à l’Antiquité, pour se conclure à son tour mille ans plus tard, avec la fin cette fois-ci de l’Empire romain d’Orient, après que Constantinople aient été prises par les Turcs en 1453. Que reste-t-il de cette période sur le plan philosophique ? Peu de chose, comparativement à sa durée. Le christianisme l’a emporté sur les lumières grecques, et désormais c’est la foi qui prime sur la raison, les Ecritures sur l’expérience, le salut sur la sagesse. La vérité aurait ainsi été révélée et il n’y aurait plus rien à redire là-dessus. Tout juste la philosophie est-elle au service de la religion pour interpréter les textes sacrés, lesquels sont suffisamment obscurs pour être sujets à toutes les interprétations et surtout récupérations. De ces temps moyenâgeux, très peu de penseurs passeront à la postérité. Il en est un pourtant qui marque significativement l’histoire de la pensée occidentale : Saint-Augustin. Même si l’auteur des Confessions est mort quelques années avant la date historique référant le commencement de la période médiévale, son œuvre clôt définitivement la pensée antique. Saint-Augustin théorise le christianisme. Il ne cherche plus la vérité, laquelle lui a été révélée nous dit-il, mais il ne veut pas moins la comprendre, d’où l’objet de ses Confessions. C’est aussi un écrit personnel, et Saint-Augustin fait entrer la subjectivité dans l’évolution de la pensée. Son entreprise tend à réunir les théories grecques avec la foi juive, et ce pour fonder l’Occident chrétien. Mais c’est bien la théologie qui absorbe la philosophie, et la contraint à la servir. L’exercice philosophique devient alors second, et très peu d’idées originales de l’époque dépassent leur temps. La période médiévale est avant tout une parenthèse, où perdure l’opposition entre Platon et Aristote : une chose existe-t-elle en soi, sous forme d’essence, d’idée, que seule l’âme peut saisir dans le ciel intelligible qui surplombe une terre passionnée et illusoire, ou alors le réel est ce qu’il est par interprétation, avec l’expérience, dans un tout indivisible ou Dieu est immanent ? Le Moyen-âge ne propose que très peu de réponses, engoncé dans la foi, et il restera à ce titre un passage de relais sur le plan des idées de cette confrontation à propos de la vérité et de l’universel, aux Modernes qui lui succèdent.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article