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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Une histoire résumée de la philosophie occidentale - Partie 8 - Blaise-Pascal et sa vision anthropomorphiste comme compensation à la misère de la condition humaine

Blaise-Pascal-misere-condition-humaine-pensees-philosophi.jpgBlaise Pascal, comme Montaigne et Descartes, s’inscrit dans la philosophie moderne, en rupture avec la pensée moyenâgeuse. Mais contrairement à Descartes, Pascal ne cherche pas à démontrer logiquement l’existence de Dieu et ainsi d’en déterminer une mécanique. Pour lui, le divin est affaire de révélation, et c’est d’ailleurs la seule expérience de l’absolu qui soit donnée à l’homme, à condition d’être disposé à la saisir. Pour le reste, tout est affaire de relativisme, car le monde pour Pascal est silencieux, ce qui laisse l’être humain seul face à l’infini. Pascal s’accorde à préserver toute la lucidité nécessaire pour commenter le réel, et sans voile il affirme le tragique de la condition humaine. Que reste-t-il alors à l’homme pour vivre, celui-ci se sachant voué à une mort certaine, dont la science, encore moins la métaphysique, sont capables d’en expliquer la raison ? La foi répond Pascal, qui seule autoriserait le bonheur, la foi en Jésus-Christ qui ouvre bien plus le cœur qu’une croyance, ou une intuition, à propos d’une entité divine, supérieure, mais impersonnelle.

Blaise-Pascal fera preuve d’une grande profondeur d’esprit dans ce qui reste l’une des œuvres majeures de la philosophie occidentale, les Pensées, en y traduisant sa réflexion sur la misère de la condition humaine, mais aussi pour conclure sur la grandeur de l’homme. Il y a un côté fascinant chez Pascal dans le sens où il approche, pour son époque, les limites du raisonnable, et sans se départir, il jouxte l’effroi, l’angoisse, et la force de l’âme. Nietzsche dira de lui qu’il est « le plus grand des chrétiens », ce qui n’empêchera pas quelques uns de ses successeurs, comme Spinoza puis Leibniz, de contredire une vue de l’esprit qu’ils considèrent comme trop anthropomorphiste.

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