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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Une histoire résumée de la philosophie occidentale – Partie 13 – L’absurde selon Schopenhauer comme définition de la vie…à la volonté de puissance caractérisée par Nietzsche

Schopenhauer-nietszche-absurde-volonte-puissance.jpgSchopenhauer, contrairement à Hegel, s’attacha moins à bâtir un système philosophique qu’à définir la vie. Quelle définition en donne-t-il d’ailleurs ? La vie est selon lui une puissance inconsciente, involontaire, sans but. Il est vain de lui accorder une finalité précise. Même si elle bégaie avec l’histoire, même si elle se manifeste dans le corps, même si le monde en est la somme, la vie n’a pas de sens. De plus, nous nous tromperions en considérant que le monde est multiple, car le réel est pour l’homme un produit de la représentation qu’il en fait. Schopenhauer est convaincu de l’unicité en un tout, et que ce tout est un ilot d’absurdité. Rien n’est à attendre, ni à espérer. Seule la souffrance et l’ennui nous sont promis. La première parce que l’être humain passe la majeure partie de son existence à désirer ce qui lui manque, la seconde car après avoir obtenu l’objet désiré, il n’y a rien d’autre, hormis de désirer à nouveau ce qui n’est pas détenu. Ainsi, la vie serait prise dans une sorte de balancier, ou comme l’écrit Schopenhauer : « La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui. » Faut-il alors se résoudre volontairement à quitter la vie prématurément ? Schopenhauer ne recommande pas le suicide, mais le détachement. Inspiré par les philosophies orientales, il s’agit pour lui de renoncer ; quelque soit l’effort, la vie ne peut se défaire de l’absurdité qui la caractérise. Renoncer et vivre donc, tel est le programme schopenhauerien, auquel Nietzsche, un temps donné, donne son accord, considérant d’ailleurs Schopenhauer comme son maître. Mais progressivement, il s’en éloigne. Certes, Nietzsche poursuit l’idée que de vérité, il n’y en a point que celles résultant d’interprétations. Le réel à la dimension humaine serait ainsi infini, car l’interprétation n’a pas de limite. Même lorsqu’on se sait interprétant et que l’on pense ce savoir, ce procédé n’est tout au plus qu’une interprétation de plus, autrement dit une interprétation de l’interprétation. Par contre, Nietzsche distingue dans la vie un caractère volontaire : la volonté de puissance. Il ne s’agit pas de la puissance des puissants, mais d’une force qui anime la vie, celle qui la pousse à se vouloir elle-même, comme une volonté de volonté. Tenter d’échapper à cette dynamique serait pour Nietzsche une ineptie, car ce ne serait que diminuer la vie, voire la condamner, ou la meurtrir. Cette meurtrissure, Nietzsche la considère comme l’issue aux religions et à l’idéalisme. Selon lui, la foi ou l’idéal culpabilise l’homme, lui refuse de s’affirmer comme il l’entend, le pousse à agir, ou à ne pas agir, dans un sens qui lui est imposé, pour dans les deux cas en contrepartie d’un hypothétique et illusoire salut. Sauf que de salut, il n’en existe point ailleurs que dans l’existence nous dit Nietzsche ; tout arrière-monde supposé, tant religieux qu’idéologique, n’est qu’une tromperie. Il faut vivre tout de suite, le plus intensément possible, par delà le bien et le mal, car comme la vérité, le bien et le mal n’existent pas en soi ; seuls s’expriment le bon et le mauvais. Nietzsche est amoral, ce qui ne l’empêche pas de proposer une éthique, contre les parangons de la vérité vertueuse. Cette éthique est esthétique, avec pour principe de faire de son existence une œuvre d’art, d’atteindre le grand style. Nietzsche reconnaît aussi que l’instinct traverse bien plus l’esprit que la seule conscience, rompant ainsi avec tout un courant traditionnel de pensée selon lequel la conscience est au-dessus de tout, comme le feront après lui Marx, puis Freud, ce qui leur vaudra à tous trois d’être reconnus comme les maîtres du soupçon.

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clovis simard 09/09/2011 12:42


Blog(fermaton.over-blog.com)Mathématiques de la conscience humaine.No-29,FINITUDE-(ÂGES DE NOTRE VIE).