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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Le symbole et la signification comme instruments de la liberté...ou quand Descartes s'oppose à Montaigne à propos de la différence entre l'homme et l'animal

Liberte-symbole-signification.jpgDans la Lettre à Morus écrite en 1649, Descartes fait part de ce qui, selon lui, différencie irréductiblement l’homme de l’animal : « […] on n’a point cependant encore observé qu’aucun animal fût parvenu à ce degré de perfection d’user d’un véritable langage, c’est-à-dire qui nous marquât par la voix, ou par d’autres signes, quelque chose qui pût se rapporter plutôt à la seule pensée qu’à un mouvement naturel. Car la parole est l’unique signe et la seule marque assurée de la pensée cachée et renfermée dans les corps ; or tous les hommes les plus stupides et les plus insensés, ceux mêmes qui sont privés des organes de la langue et de la parole, se servent des signes, au lieu que les bêtes ne font rien de semblable, ce que l’on peut prendre pour la véritable différence entre l’homme et la bête. » Ainsi, pour Descartes, il existe un fossé infranchissable entre l’être humain et l’animal. En argumentant de la sorte, il s’oppose à Montaigne pour qui il peut y avoir plus de divergence entre l’homme et l’homme qu’entre l’homme et la bête. Pour Descartes donc, c’est l’usage des signes qui vaut à l’être humain son humanité dès lors qu’il s’agit de symboliser le réel. Certaines espèces animales en effet exploitent le signe, comme les abeilles par exemple en dansant pour s’appeler entre elles, mais cette exploitation est toute tendue par une action naturelle, par un « mouvement naturel ». Le signe animal est une composante d’un tout instinctif, donc déterminé. Pour l’homme, la symbolisation de ce qui est et sa communication exigent une distanciation d’avec soi et du monde. Avec le symbole, il s’agit de transformer le réel en une abstraction, laquelle échappe à l’immédiateté pour être transmissible et compréhensible. En symbolisant, l’homme donne donc du sens à ce qui en soi n’en a pas. Et c’est cette opération de signification qui autorise à l’être humain l’autonomie que les animaux n’ont pas par rapport à ce qu’ils sont. Avec Descartes, on comprend que la faculté symbolique pour signifier le monde est l’instrument de la liberté.

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Cairtap 28/08/2011 15:40


Pourriez vous donner un exemple de signe humain n'étant pas le fruit d'un acte déterminé ?, svp.


Jefka 29/08/2011 06:54



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Tahar YETTOU 28/08/2011 09:22


Pour moi,l'homme est l'homme et l'animal est l'animal,tout comme la plante est la plante,le rossignol est un oiseau.Toutes ces créatures de Dieu sont différentes les unes des autres;seulement,elles
ont quelques liens en commun...