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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La fin valorise l'existence...ou la finitude vue par Sartre et Fénelon

Finitude.jpgMa mort ne m’appartient pas même si elle me concernera. Je serais mort pour les autres. Cette mort sonnera la fin de mes jours et seul ce terme mortel permettra aux autres de se souvenir de moi, ou pourquoi pas de juger ce que fût mon existence. Une fois défunt, le peu qu’il restera de moi, c’est-à-dire rien si ce ne sont donc des souvenirs, leur appartiendra totalement, à eux qui se souviendront. Ma mort comme ma naissance me sont absolument inaccessibles. Ce sont les autres, aux deux extrémités de mon existence, soit ce qui contient ma vie, qui sont acteurs. Ma mort comme ma naissance me transcendent. Ma conscience n’y peut rien. Elle peut tout au plus m’autoriser à penser que je ne m’appartiens pas totalement. Comme le dit Sartre, « être mort c’est être en proie aux vivants ». Même le suicidé est conditionné par celles et ceux qui le concernent. Il s’est donné la mort pour les autres. Lui-même en effet n’est plus, comme il n’était rien avant que d’être. Ce n’est point-là une démonstration de liberté que de décider de sa mort et de se mettre à exécution, d’accomplir l’acte funeste. Etre libre, c’est exister en mode projet sans discontinuité. On est libre avec la projection. La liberté nécessite la possibilité. La mort elle enlève cette dernière.

Ainsi, la mort ne nous appartient pas, mais paradoxe des paradoxes, c’est elle qui fait que nous sommes vivants et qui valorise l’existence. C’est le temps qui nous est compté qui donne de l’importance aux actes, comme le fait remarquer Fénelon : « Dieu, libéral et magnifique dans tout le reste, nous apprend par la sage économie de sa providence combien nous devons être circonspects sur le bon usage du temps, puisqu’il ne nous donne jamais deux instants ensemble et qu’il ne nous accorde le second qu’en retirant le premier et qu’en retenant le troisième dans sa main avec une entière incertitude si nous l’aurons. Le temps nous est donné pour ménager l’éternité et l’éternité ne sera pas trop longue pour regretter la perte de temps si nous en avons abusé. » Peu importe qu’il s’agisse de Dieu, de toute autre chose, ou de rien, qui détienne le temps. Seule la finitude donne à l’existence une valeur qui ne s’estime pas.

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(Clovis Simard,phD) 24/02/2012 14:42

Blog(fermaton.over-blog.com)Mathématiques de la conscience humaine.No-29,FINITUDE-(LE TEMPS ??)