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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Heidegger et le Dasein...ou je meurs donc j'existe, en remplacement du cogito ergo sum de Descartes

Heidegger-Dasein.jpgHeidegger entreprend dans la première moitié du XXème siècle de réviser la métaphysique classique, de la déconstruire pour proposer ensuite une nouvelle vision ontologique. Il rompt ainsi avec un système de pensée considérant l’être comme essentiel et qui conditionne tout. Heidegger préfère à la logique une approche phénoménologique. Il différencie ce qui est de ce qui existe. L’être, c’est ce qui est dans chaque chose, une réalité en soi qui est mais qui n’existe pas, car cette réalité n’a pas conscience d’elle-même, ni du monde qui l’entoure. Exister par contre est la capacité à mettre en lumière ce qui est, au-delà de soi-même, car toute illumination, y compris pour soi, exige un dépassement, une distance vis-à-vis de soi avec ce qui est. Exister en effet, c’est avancer vers quelque chose, et pour ce faire il faut de la distance à parcourir. L’existence est en quelque sorte ce chemin qui va de soi vers ce qui est. Et ce qui est, c’est l’ « être-là », le « Dasein » pour Heidegger. Cet être-là n’est pas spécifiquement un phénomène dans un espace-temps donné, mais aussi ce qui peut être, ce qui est possible. L’existant est le seul étant qui peut appréhender cet « être-là », en faisant de ce qui est possible une réalité. L’existence permet ainsi de transformer du néant en étant. Mais l’existant, contrairement à l’être, n’est que parce qu’il est destiné à mourir ; c’est la mort qui le distingue de l’être. Autrement dit, on existe parce que l’on va mourir. Heidegger, avec le « Dasein », porte une appréciation nouvelle sur la mort. Il la considère non pas comme un évènement, c’est-à-dire la fin de la vie, mais comme prenant racine dans l’existence même. La mort pour lui n’est pas tant une échéance qu’une condition de l’existence. Heidegger remplace en quelque sorte le cogitum ergo sum de Descartes par l’idée suivante : je meurs donc j’existe.

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Pierrej 02/04/2011 23:42


"L’être, c’est ce qui est dans chaque chose, une réalité en soi qui est mais qui n’existe pas, car cette réalité n’a pas conscience d’elle-même, ni du monde qui l’entoure." Il me semble que ce que
vous écrivez là est davantage sartrien qu'heideggerien. L'être n'est pas l'en-soi de "L'être et le néant". Que vous preniez un texte du premier Heidegger tel que "Qu'est-ce que la métaphysique?"
(1929) où l'être est bien plutôt néant, ne-ens ["l'essence de l'Être comporte dès l'origine le Néant. C'est dans l'être de l'étant que se produit le néantir du Néant" (trad. Corbin)] ou que vous
preniez un texte d'après le tournant, le sens de l'Être reste pour l'essentiel le même ["Il n'est pas donné lieu séparément à l'Être et au Néant. L'un tourne à l'autre; ainsi ont-ils le même tour,
parenté que nous soupçonnons à peine dans la plénitude de son essence", Contribution à la question de l'être, Questions I, trad. Gérard Granel]. La réalité en soi sans conscience dont vous parlez
est plutôt l'essence de la chose inerte ou objective pour le sujet représentatif moderne — un sens de l'être que Sartre n'a malheureusement pas dépassé. L'être en tant que Da-sein est le "là" du
monde, il ek-siste. Tout l'inverse donc. Du moins me semble-t-il.


Laurent-Alexandre 22/02/2011 19:52


Si Heidegger remplace en quelque sorte le cogitum ergo sum de Descartes par l’idée suivante : je meurs donc j’existe à mon sens il oublie de dire qu'il existe par la conscience même qu'il sait
qu'il meurt c'est ce que Pascal Blaise disait par : l'Homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant, il ne faut pas que l'Univers entier s'arme pour l'écraser,
une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer, mais quand bien même l'Univers l'écraserait l'Homme serait encore plus noble que ce qui le tue parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que
l'univers a sur lui, l'Univers n'en sait rien! s'il n'avait pas eu la conscience de sa mort par le fait même de sa réflexion, de sa pensée il ne saurait pas qu'il existe, il mourait comme un
insecte ou certains animaux sans avoir pris conscience de cette état donc de son existence même. Pascal poursuit : L'homme roseau pensant ,..., Par l'espace l'univers m'engloutit comme un point,
par la pensée je le comprends, me situe afin d'avancer. Immatérialité de l'âme. les philosophes qui ont dompté leurs passions, quelle matière la pu faire?" Voilà je pense que Pascal avait apporté
le complément manquant à René Descartes.