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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

L'égoïsme comme incompréhension de soi - Commentaire du texte L'égoïste extrait des Propos sur le bonheur ecrits par le philosophe Alain

Egoisme-philosophie.jpgQu’est-ce que l’égoïsme ? Certainement pas une fatalité, comme l’écrit le philosophe Alain dans le texte L’égoïste extrait des Propos sur le bonheur, par opposition au discours des religions occidentales : « Une des erreurs de nos religions occidentales, […] c’est d’avoir enseigné que l’homme est égoïste toujours et sans remède, à moins d’un secours divin ». Cette proposition tend en effet à considérer que l’homme recherche avant tout son plaisir, ce que conteste Alain pour qui « l’homme aime communément plutôt l’action que le plaisir ». Que le plaisir naisse de l’action, l’auteur ne le conteste pas, mais il ne s’agit pas d’une fin première. D’ailleurs, Alain nous prévient que « l’erreur est de croire que l’action court au plaisir ». Selon lui, c’est cette même erreur qui fait de l’homme un égoïste, c’est-à-dire quelqu’un qui n’agira qu’en fonction du plaisir escompté. Sauf qu’à considérer uniquement ce qui est possible pour agir conduit bien plus à la crainte qu’à l’espérance, car comme le dit Alain, « la crainte est toujours plus forte que l’espérance ». L’égoïste dès lors est envahi par le désespoir alors que c’est la quête du bien-être qui l’anime. Voilà un effet en contradiction avec l’esprit qui fait dire à Alain que l’égoïste est avant tout celui qui « s’est mal compris lui-même ».

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jean-louis 27/11/2015 11:00

On est plutôt dans le cas où l'homme décide ce qu'il veut, agit en connaissance de cause. Ce qui est plus que douteux. Si on admet l'idée que nous sommes mus par des processus, des déterminismes que l'on ignore, (optique spinozienne) la question de l'égoïsme - eminamment morale - ne se pose plus. La question qui se pose est : quels sont les ressorts de ma vie ? L'action ? Le plaisir ? La destruction ? L'amour ? :
D'ailleurs l'action, cela ne veut pas dire grand-chose : bouger ? travailler sous des ordres ? courir après un objectif ? Affronter les autres ? Réfléchir ? Prendre du plaisir ? Faire la sieste ? etc etc
Se poser la question est égoïste. C'est faire de soi le sujet de préoccupation ou de réflexion.
La condamnation de l'égoïsme apparaît alors pour ce qu'elle est : un point de vue idéologique. Alors que la lucidité nous amène à conclure que si la conscience de blesser ou de faire souffrir l'autre signe la mauvaise action, pourquoi ce ne serait pas le cas de la conscience de se blesser ou de se faire souffrir ? Mais la conscience de blesser ou de faire souffrir l'autre est sujet à erreur étant donné notre connaissance insuffisante de l'autre, tandis que la conscience de se blesser ou de se faire souffrir est beaucoup plus fiable.