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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Faire des maux un mauvais souvenir et non une obsession - Commentaire du texte Du désespoir, extrait des Propos sur le bonheur écrits par le philosophe Alain

Mauvais-souvenir-alain-philosophie.jpgL’absence d’espérance ne conduit pas au désespoir. Ce sont les passions qui s’en chargent, en s’obstinant à espérer malgré une situation d’inespérance. Heureusement, l’homme oublie, ou ne voit pas tout, comme nous le dit Alain, dans le texte Du désespoir extrait des Propos sur le bonheur : « Il y a beaucoup de problèmes où l'on ne voit rien ; et l'on s'en console aisément. Un conseil, un liquidateur, un juge peuvent très bien décider qu'une affaire est sans espérance, ou même ne rien pouvoir décider, sans perdre l'appétit ni le sommeil. » Alain nous explique également qu’il ne sert à rien de tenter de réparer ce qui est irréparable. Il vaut mieux faire le constat de ce qui est, de distinguer ce qui est en notre pouvoir, raisonnablement, et non se laisser passionnément emporter par la volonté de changer ce qui ne peut l’être : « Aussi je tiens qu'un caractère fort est celui qui se dit à lui-même où il en est, quels sont les faits, quel est au juste  l'irréparable, et qui part de là vers l'avenir. » Ce n’est pas renoncer que de s’astreindre à l’irréparable, ou de se conformer à l’inévitable. Il s’agit au contraire d’une preuve de justesse, d’accord entre ce qui nous est possible de faire et ce qui est. Mais l’exercice est difficile, nous prévient Alain, et il nous conseille de « s’y exercer dans les petites choses ». Il faut aussi éviter de se maintenir présentement par référence au passé. Il y a là une contradiction sur le plan temporel qui ne fait qu’enfermer l’homme dans une tristesse sans issue, car il lui est impossible d’en modifier l’objet. Certes, les maux ne s’effacent pas en refusant d’y penser. Ce qui est fait est fait. Mais écartons l’obnubilation, car sinon « […] la passion sera comme le lion en cage, qui pendant des heures piétine devant la grille ». Alain recommande la réflexion, pour casser cette dynamique en faisant des maux un mauvais souvenir, et non une obsession.  

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