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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Une géographie de l'esprit...ou l'ambigüité du corps

Ce n’est pas tant l’esprit qui est le point culminant quant à distinguer le corps de l’âme, mais bien plus le corps. Celui-ci est une réalité d’une ambigüité indépassable. En effet, doit-on dire à son propos que je le détiens ou que je le suis ? Le corps penche-t-il vers l’extériorité, ou bien est-il d’une subjectivité irréductible ? L’expérience vécue nous apprend que le corps joue un double rôle. Oui, je puis dire que je suis un corps parce qu’il ne saurait être un objet. Je ne le possède pas comme s’il s’agissait d’une chose car c’est l’enveloppe corporelle qui nous limite dans le monde. On ne peut pas tout faire de et avec son corps, alors que la propriété, elle, est une mise à disposition. Les capacités corporelles sont aussi constitutives de ma personne et conditionnent pour partie mon existence. Ainsi, je suis également sujet avec mon corps. Pour autant, il ne peut être réduit à une stricte intériorité. Je suis exposé au regard d’autrui avec mon corps, lequel donne matière au jugement de l’autre à mon propos. La pudeur par exemple s’inscrit dans ce rapport entre mon corps et autrui qui mêle subjectivité et extériorité. Le corps se trouve être le lieu de l’intersubjectivité. Il n’est ni tout à fait un sujet, ni complètement un objet, ce qui déroute un mode de pensée axé sur l’opposition entre sujet et objet. C’est ainsi que certains prirent parti pour l’un contre l’autre, comme Platon condamnant le corps au profit de l’âme, condamnation aux conséquences et non des moindres, notamment pour ce qui est de l’avènement du christianisme. Ainsi, penser le corps et l’âme n’est pas une futilité de l’esprit. Ensuite, il faut bien admettre l’ambigüité en tant qu’élément de la réflexion. On pense en effet avec sa conscience, laquelle fonctionne par une sorte de distanciation entre ce qui est et ce qu’elle vise, autrement dit en traçant des frontières entre sujet et objet, le corps et l’âme ne pouvant pas alors échapper à cette géographie de l’esprit.

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