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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Rien n'est écrit parce que le monde ne décide pas

Il est des décisions plus importantes que d’autres, des choix originaires comme le disait Sartre. Ce qui fait cette importance sont les conséquences qu’elles induisent, c’est-à-dire les effets dont ces décisions sont la cause et qui modifient sensiblement la situation dans laquelle elles sont en germe. Ce qui leur vaut d’être également dramatiques est le degré significatif d’incertitude qui les caractérisent et qui désarme celui cherchant à prévoir ce que sera la situation nouvelle. La décision est en effet en rapport avec une situation. C’est son espace. Mais le temps aussi la concerne. Il y a de l’avant et de l’après en décidant, comme le tracé d’une frontière. Enfin, en décidant nous nous déterminons. Nous sommes un peu comme Raskolnikov, le héros de Dostoïevski dans Crime et Châtiment, qui une fois sa décision prise sait qu’il assassinera la vieille femme pour sa bourse. On trouve dans le geste comme une sorte de fatalité qui est une force dont nous sommes tout à la fois maître et esclave. On peut certes toujours revenir sur ce qui fût décidé avant que d’agir, mais ce retour n’est qu’un geste de plus dont la source est la décision. Et même l’indécision n’en est pas vraiment une parce qu’elle aussi, est productive de situation nouvelle. Sans se décider, on maintient ce qui est ; la situation perdure et ainsi prend-elle une dimension nouvelle dans le temps. Sans se décider, on lui donne du souffle, et pourquoi pas la puissance de se maintenir encore plus durablement. Avec l’indécision, on est tout aussi créateur, à partir d’ici et maintenant, de ce qui sera ailleurs et plus tard, dont l’intensité n’est pas forcément moindre, voire dépassant, ce qui serait suite à un acte accompli. Pour autant, on ne peut pas dire que l’indécision n’existe pas absolument, de par le sentiment qu’elle génère en comparaison de ce qui est possible de ressentir une fois une décision prise et suivi d’effets. Au mieux peut-on se satisfaire de ne pas s’être engagé en restant indécis. La joie par contre échappe à toute indécision. Sans décider, l’on peut se sentir bien par défaut. Décidé, l’on peut être joyeux parce que notre choix fût le bon. Ainsi, point de joie sans incertitude, et le bien-être est proportionnel à la prise de risque. N’oublions pas non plus, en guise de conclusion, que toute situation est un tout, tant sur un plan spatial que temporel. La composent moi-même, les autres et le monde. Mais une situation résulte aussi de ce que furent moi-même, les autres et le monde, pour ensuite devenir toute autre selon ce que décident, ou pas, moi-même et les autres. C’est ici que le monde n’intervient plus. Autrement dit, rien n’est écrit.

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yano 24/09/2011 16:12


Tout est écrit parce que le monde ne décide pas!


Arielle 24/09/2011 16:10


l'univers est en perpétuel mouvement, c'est la vie qui nous entraîne...à l'infini !

bon w end
arielle


Tahar YETTOU 21/09/2011 22:24


On peut dire que l'indécision est elle-même une décision,une décision de ne pas être décidé...