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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Quand la mélancolie use de la joie

La mélancolie est une eau qui jamais ne cesse de couler et ainsi emporte l'être jusqu'à l'inonder de tristesse. Comme l'angoisse, elle n'a pas d'objet. Comme l'eau, elle est insaisissable. On peut certes joindre les mains pour la contenir et l'observer, mais très vite elle nous déborde. La mélancolie est dans chaque geste. L'action calme peut-être son débit, mais on ne peut agir en permanence. Le corps a besoin de repos, le muscle de se détendre. La pensée n'est pas différente, sauf que la mélancolie lui interdit toute pause. C'est d'ailleurs dans les intermèdes qu'elle est la plus saillante, lorsque rien n'occupe. L'ennui est son plus fidèle lieutenant. Il lui offre tout l'espace nécessaire à sa plénitude et le temps pour en abuser. La mélancolie en effet condamne tout présent en figurant sans cesse le passé pour le projeter ensuite sur ce qui n'est pas encore. Son coup de génie se joue dans cette figuration en usant de la joie et non de la douleur. Un passé sans éclat, avec la mélancolie, se transforme en moments de bonheur pour ajouter des regrets là où il n'y en a pas. Fonctionnant ainsi, la mélancolie nous rappelle sans cesse notre caractère éphémère puisque le sentiment du temps qui passe est plus fort avec le bonheur. On est plus triste d'avoir été dans la joie et de ne plus l'être, que de n'avoir jamais été heureux.

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