Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Pourquoi c'était bien mieux avant

C-etait-mieux-avant.jpgLe rapport entre intériorité et extériorité évolue, me semble-t-il, avec les années passant. Jeune, l’extérieur l’emporte sur l’intérieur, le monde sur moi. Enfant, adolescent, puis tout juste adulte, le monde et autrui modèlent l’intériorité, comme s’il s’agissait d’argile, sans pour autant épouser une forme convenue, car je me construis également par opposition à ce qui est. Puis, cette modélisation se fait moins impérieuse, et c’est peut-être à partir de là que le moi se stabilise un peu plus, sans pour autant se terminer dans l’immuabilité. L’expérience semble confirmer cela : les évolutions psychologiques sont moins fortes au fur et à mesure que le vieillissement progresse. La relation est donc tripartite, entre intériorité, extériorité, et le temps. Moins influent, l’environnement peut alors être perçu comme un objet. On réifie plus le réel et l’on devient plus exigeant à son propos, en réclamant sa part de propriété, ou bien alors l’on y est indifférent, le réel ne méritant guère d’attention. Ou bien encore l’extérieur est représenté comme menaçant pour l’intériorité. Cette impression de menace a pour effet d’accroître le repli sur soi, jusqu’à parfois l’enfermement. Être enfermé sur soi, c’est se construire une forteresse intérieure pour que l’extérieur ne puisse pas atteindre l’intimité de l’être. Mais comme on ne peut échapper au monde, qu’il est présent partout et tout le temps, la relation entre le réel et soi devient conflictuelle et l’on se sent assiégé ; la forteresse est devenue cachot. C’est pourtant se tromper d’adversaire. L’intériorité se réfugiant sur elle-même est le résultat d’une extériorité passée, celle de cette jeunesse qui la modela. Le conflit est donc entre deux extériorités dont la différence porte principalement sur l’époque concernant chacune d’elle. C’est pour cela, je suppose, que régulièrement les plus âgés énoncent péremptoirement la conclusion suivante : c’était bien mieux avant. Ainsi, la nostalgie naît de cette rencontre entre deux extériorités qui s’entrechoquant créent des étincelles dont la brillance se prolonge jusqu’au sentiment.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article