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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Nous sommes tous des accidentés

Democrite-rire.jpgLa vie est un accident. Rien ne serait arrivé sans mouvement. Des atomes, du vide, puis une inclinaison, une déviation. Les particules s’entrechoquent, et accidentellement la matière s’organise sans plan préétabli, cette matière sur laquelle notre cul aujourd’hui est posé. Nous sommes des accidentés. Nous avons eu de la chance, ou pas, tout aurait pu rester indemne. De ce plus infime des hasards, nous pouvons, à la suite de Démocrite, en rire. Quelle philosophie qu’un rire bruyant et puissant, traversant les siècles, pour tout commentaire ! Quelle pensée libératrice que de faire d’un accident un point de départ, car peut-il arriver ensuite. Si tout est là par hasard, pourquoi donc chercher à expliquer le monde avec des nécessités qui ne justifient rien mais sont bien plus coûteuses en joie ? Comment peut-on croire que la philosophie nous apprenne à mourir ? Nous sommes vivants grâce à un accident, nous serons bientôt mort accidentellement…C’est condamner la pensée, avant qu’elle ne s’épuise, que de la contraindre à être un instrument au service de la mort. Penser aussi que la vie nous est donnée est une façon de se reconnaître redevable, sans savoir vis-à-vis de qui, ni vraiment de quoi. Il s’agit là d’une dette hypothétique qui ne peut être éteinte. Pourquoi donc s’endetter de la sorte ? A qui devons-nous d’être là ? A personne ! Cette absence absolue représente pour certains la naissance d’une tragédie. Le hasard est froid et silencieux, il ne dit rien, il ne commande pas, il ne résout rien. Est-ce pour autant un drame ? Couvrez ce silence d’un rire généreux et très vite la tragédie s’étiole. Le rire efface les mines tragiques, balaie les censeurs, expulse les prédicateurs. Nous n’avons rien à sauver, juste une existence à parcourir. Rien n’empêche de la traverser avec le sourire, l’ami complice du rire, et de temps en temps se laisser aller aux éclats. Histoire de se souvenir qu’un accident ne mérite pas une tragédie, mais vaut bien une comédie.

 

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André 11/03/2013 10:05

"la vérité est comme une couverture qui vous laisse les pieds froids", alors : carpe diem !

Ha ha ha !!!

Litteratus 03/03/2013 20:01

On ne peut pas renoncer à cette quête de sens, partie intégrante de notre humanité...

Martine 03/03/2013 11:57

Je suis d'accord mais parfois face à certains moments tragiques de la vie, il est difficile de prendre du recul sur le moment.

Sebastien 03/03/2013 11:13

Est un accident ou une coïncidence ?