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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Le sens au secours de l'humain

Sens-absurde-sisyphe.jpgL’absurde est communément représenté comme une absence de sens. Cette représentation est à moitié vraie, ou disons qu’en l’affirmant, nous avons accompli un chemin, c’est-à-dire que nous nous sommes refusés justement au sens commun. Voilà disons pour la forme, mais quant au fond, l’absurde ne signifie pas un manque, car cela voudrait dire qu’il puisse être comblé dans l’absolu. Rien pourtant ne remplace l’absurde en soi, nous devons faire avec. Disons que nous n’avons pas le choix, et ainsi ce serait évident que rien n’est important parce qu’au fond, rien n’a de sens. Pourtant l’importante existe et elle est conditionnée à l’attention portée en fonction du sens donné. Le propre humain est en effet de refuser l’évidence absurde, et comme le sens en soi n’existe pas, il se charge d’en donner. Une autre évidence ainsi se crée, celle qui faut du sens pour vivre homme. Il est d’ailleurs commun de s’entendre dire qu’il faut trouver un sens à sa vie. Nous dirons plutôt qu’il faille en donner, car est introuvable ce qui n’existe pas. Face à un fait qui lui échappe, l’absurde, l’être humain répond qu’il faut bien s’accrocher à quelque chose, comme à un rocher par exemple. Sisyphe n’est pas très loin. Même si du dehors sa tâche apparaît absurde, lui au moins c’est à quoi il est destiné ; et chose exceptionnelle dont seul l’homme est capable, c’est qu’il trouve dans l’enchaînement perpétuel de sa peine une voie vers la liberté. Ainsi, même si tout joue contre l’humain, il y a bien une force permettant de rejeter l’inacceptable si l’on veut être homme. La bête elle n’a pas besoin de refuser, juste repousse-t-elle ce qui la dégoûte ou l’effraie, mais l’on est alors exclusivement dans le domaine des sens. L’animal ne s’indigne pas, l’homme oui. Il se révolte comme nous disait Camus pour ne pas sombrer dans le nihilisme le plus complet qui néantise, ni dans un scepticisme radical qui indiffère. Il est légitime de douter du sens des choses, car nous l’avons dit, c’est l’homme qui en est le producteur. Comment ne pourrait-il pas se tromper ? Et d’ailleurs, comment avoir raison par rapport à ce qui n’est pas en soi ? Une pierre restera à jamais une pierre, jusqu’à ce qu’elle soit transformée par la nature. La main humaine par contre est capable d’en faire une arme, et alors cette pierre prend un sens guerrier, ou d’en disposer comme outil, voire à lui trouver de la valeur pour ensuite lui donner un prix. Voilà ce qu’est le sens ; autrement dit, il s’agit pour l’homme de transformer le monde à sa façon bien qu’il en soit issu et qu’il lui appartienne. Le sens, c’est faire d’une matière brute, absurde, quelque chose de vivable pour un esprit humain.

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