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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Le plaisir comme une caresse que l'on n'attendait pas

Le bienheureux celui qui reçoit les plaisirs et par cette offrande en goûte toutes les saveurs jusqu’à plus soif. Ce n’est pourtant pas si simple que de recevoir sans contrepartie. On ne peut très souvent s’empêcher de mettre du sien dans toute relation, y compris les plus généreuses à notre endroit. C’est que la passivité ne nous sied guère. Il faut être acteur de soi, sentence moderne et trébuchante, sonnant comme un impératif catégorique. Le plaisir n’y échappe pas. On le dit plus fort lorsqu’il est conquis, force récoltée de l’effort nécessaire pour l’atteindre. Voilà bien une façon d’associer travail et plaisir que l’on admet communément. Mais derrière cette association se joue la puissance de soi et sa réalisation. Il faut tout emporter vers soi, jouer un double rôle, être tout à la fois acteur d’une cause et bénéficiaire de son effet. Le plaisir se glisserait ainsi entre l’effort et la performance...Pour autant, ce qui est plaisant à la force du poignet est peut-être moins du plaisir que de la satisfaction de soi. Il est des calculs qui contrarient l’innocence d’un plaisir véritable. L’effort vise également des lendemains que n’ambitionne pas le plaisir. Ce qui fait l’intensité d’un plaisir et donc le constitue, c’est sa brièveté, son exclusivité, et la candeur du geste qui le causa, comme une caresse que l’on n’attendait pas.

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