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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Le nihilisme fait de la terre une désolation

Nihilisme-contre-liberte.jpgLe mal pour le mal ? Le mal pour démontrer sa liberté ? N’est-on pas plus libre en s’opposant au bien ? Le sentiment de puissance n’est-il pas plus intense en agissant volontairement au bénéfice du mal ? N’est-on pas plus homme en se soustrayant à toute morale qui, par définition, transcende l’individu en s’imposant à lui ? Le mal n’est-il pas la démonstration que seul l’humain existe, que rien ne lui résiste, pas même une quelconque force supra humaine ? Dostoïevski n’a-t-il pas écrit : « Si Dieu n’existe pas, tout est permis. » ? A-t-il raison ? Ou pas ? N’est-on pas le plus absolument libre lorsque l’on se fait mal à soi-même ? Dostoïevski toujours, par le truchement de son personnage principal des Possédés, Kirilov, nous dit : « J’ai le devoir de me brûler la cervelle parce que le point le plus absolu de ma volonté est de me tuer moi-même. » Alors, le mal comme horizon ultime vers lequel tendre pour nous singulariser le plus, nous les hommes ? Répondre oui revient à tomber dans le nihilisme, et non à jouir de la liberté. Être nihiliste, c’est bien plus renoncer à toute valeur qu’exercer tout pouvoir. Être nihiliste, c’est déjà ne plus être libre. Certes, la liberté peut y conduire, mais c’est ensuite une toute autre direction empruntée que d’entrer dans le nihilisme. L’ancrage est nécessaire à la liberté parce qu’il permet de fixer celle-ci dans la durée. Sans point fixe, comme il en va du nihilisme, rien à quoi s’accrocher pour exercer sa liberté, alors que l’on est libre par rapport à quelque chose. Avec le nihilisme, la terre, en plus d’être silencieuse, devient alors désolée.

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