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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Le désir pour freiner la passion

Desir-et-passion.jpgLa passion s’inscrit dans un rapport entre sujet et objet : le sujet est passionné par un objet. Il y a cependant une tierce partie qui est essentielle car elle est le moteur de cette relation ; il s’agit du désir. On n’est pas passionné sans désirer, bien que le désir soit possible sans passion. A l’origine, le désir nous gouverne plus que la passion. Cette gouvernance correspond au stade où la passion est dans l’objet et y demeure. Mais cette demeure peut un jour devenir trop exiguë pour accueillir un état passionnel toujours plus grandissant, jusqu’à être envahissant. Ainsi, la passion déborde l’objet et s’inscrivant comme nous l’avons dit dans un rapport entre ce dernier et le sujet, ce dépassement ne peut atteindre que le sujet. Autrement dit, la passion n’est plus dans l’objet, elle est le sujet. Elle s’est emparée de la personne, et son emprise est telle que de désir il n’est même plus question. Le joueur invétéré ne désire plus rien, même pas gagner. Sa passion l’ordonne de jouer. Le gain et la perte n’intéressent plus le joueur passionné, voire l’effraient parce qu’au pire ils sonnent chacun la fin de la partie. Ainsi, la passion lorsqu’elle s’affranchit du désir est dangereuse. Pourtant, on loue généralement bien plus les passionnés que les hommes désireux, en reconnaissant à la passion des qualités vertueuses parce qu’elle fournirait un sens existentiel, tandis que le désir, lui, est considéré bien souvent comme synonyme d’avidité. Pourtant, on peut comprendre que le désir n’est pas et ne doit pas être seulement le moteur de la passion, mais aussi un frein.

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