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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La tyrannie de la minorité avec le politiquement correct

Churchill disait de la démocratie qu’elle est le pire des systèmes, à l’exception des autres. En effet, une fois que la majorité l’emporte, celle-ci s’impose à la minorité. Avec la démocratie, la tyrannie s’est modernisée et institutionnalisée. Elle existe par principe, sans violence. Cependant, le tyran est désormais moins dans les urnes que dans l’opinion. Cette dernière a remplacé le suffrage dans des esprits de moins en moins politisés, allant jusqu’à produire une contrainte de pensée désignée comme politiquement correct. Il n’est pas bon aujourd’hui de penser à l’encontre, à l’envers, à contrecourant, de ce qui est acceptable et reconnu comme tel. Pourtant, le politiquement correct n’est pas à la source le fait du prince, c’est-à-dire de la majorité. Il ne traite pas une généralité, néanmoins il se généralise par la suite. Le politiquement correct est la victoire de la minorité sur la majorité. Un avis est désormais très vite qualifié de douteux, jetant l’opprobre sur celui qui le formule, dès lors qu’il vise un groupe distingué comme tel selon un critère minoritaire. Les idées s’appauvrissent au fur et à mesure que les accusations s’accumulent. On ne s’indigne plus, on condamne. Seulement voilà, la bien-pensance ne s’arrête plus au bannissement. Elle investit également le terrain politique après s’être occupée de morale, paralysant progressivement le fonctionnement démocratique, élevant l’abstention comme première force politique. Avec le politiquement correct, la minorité tient sa revanche, pour un jour à son tour devenir tyrannique.

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