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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La psychologie retient la pensée sans la détenir

Psychologie.jpgLe Je est comme une eau qui coule, insaisissable. Joignant les mains, je la retiens, comme si je tenais un récipient qu’elle remplit. Mais il n’est pas question de la détenir parce qu’elle est toujours en mouvement. Le Je est du même ordre en étant pensé et n’existant que par cette pensée ; et la pensée jamais ne s’arrête. Le Je est conscience de soi, laquelle adhère continuellement au monde. Autrement dit, même si la conscience de soi vise une plongée, un retour sur soi-même, aucune  frontière hermétique ne saurait être tracée avec le réel. Je pense, y compris s’agissant de moi, avec les autres et tout ce qui m’entoure. Le monde m’est donné, mais il s’agit d’un don que je ne peux refuser, à aucun moment, nulle part, sauf à commettre l’irréparable et alors je mets un terme définitif au Je.  Ainsi, le Je n’est pas isolable comme l’est l’objet, ce qui rend difficile son étude. La pierre s’examine posément et l’on peut toujours aller plus loin quant à la découvrir ; la science s’en charge. Le corps aussi est concerné par ces découvertes. Certes, tout bouge dans un corps, comme dans la pierre. Mais il s’agit de mouvements identifiables dans l’espace. La pensée, ce qui donc autorise le Je, elle, n’est guère repérable spatialement. En outre, la comprendre un peu plus, et donc le Je avec elle, nécessite qu’il faille la penser ; c’est alors la pensée qui se pense elle-même, c’est le Je qui se constitue en se découvrant dans une même entreprise. La pensée s’observe et s’interprète, mais pour l’être, observée et interprétée, il faut qu’elle soit en mouvement, sinon rien n’est à observer et à interpréter. Et pour que la pensée pense, il lui faut de quoi penser, c’est-à-dire recevoir ce que le monde lui donne. Le réel laisse ainsi une trace qui empêche de penser la pensée en dehors de tout ce qui existe, tout en lui imposant une fluidité  ininterrompue, une mobilité qui est son fondement même. La psychologie, en tant qu’étude du Je,  est donc comme le vase qui reçoit une eau : elle retient la pensée sans la détenir.

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