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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La prudence ou la précaution pour être vivant

Prudence.jpgFaut-il être prudent ou précautionneux ? Qu’est-ce qui différencie la prudence de la précaution ? Ce qui les unit d’abord est l’incertitude. Face au futur qui ne s’annonce pas, où tout est possible, s’ajoute une multitude de risques. Pour certains de ces risques, s’ils sont avérés, les conséquences sont connues. Le passé témoigne de la dangerosité de situations données, de contextes particuliers, en référence à ce qui a été vécu. Mais l’existence est aussi faite de nouveautés dont les effets sont inconnus. C’est d’ailleurs cet inconnu qui caractérise la nouveauté. Être prudent serait alors une attention particulière, une attitude adoptée par rapport à des risques identifiables, mesurables, parce que leur impact est connu dès lors qu’ils se réalisent. La précaution par contre s’attacherait à des risques qui peut-être n’en sont pas, parce qu’ils sont inchiffrables, indéfinissables, incomparables, en l’état actuel des connaissances. Être précautionneux, c’est prendre l’hypothèse d’une dangerosité, sans que celle-ci soit démontrée, avec la probabilité qu’elle ne le soit jamais. La prudence et la précaution se réunissent également dans ce qu’on peut appeler la vigilance, mais la première est fondée sur un objet déterminé, et non la seconde. Cet écart est comparable à ce qui différencie la peur de l’angoisse. L’angoisse est une peur sans objet. La précaution serait une prudence sans risque identifié. Elle n’en est pas moins nécessaire. Ce ne serait manquer de raison que de ne pas prendre de précaution avant de s’engager dans une situation totalement nouvelle. La prudence et la précaution ont aussi ce point commun qu’elles autorisent l’action. On est jamais trop prudent dit-on, ce qui n’empêche pas d’agir. La prudence, comme la précaution, permet ainsi de mieux agir, avec le principe de se préserver soi et les autres dans l’action. La prudence et la précaution ne sont pas non plus un renoncement nous enfermant dans l’immobilisme et le conservatisme, mais une assurance sans garantie d’agir avec le souci des conséquences, donc de mieux entrer dans la nouveauté. L’existence est aussi le croisement d’une infinité de risques. Les fuir systématiquement serait se condamner à vivre d’autant moins. A l’inverse, accepter cette infinité et prendre des risques, avec prudence ou précaution, c’est être vivant.

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thomas sauvage62 29/08/2011 13:01


'prudence est mère de sureté'...


Nina Padilha 19/02/2011 13:02


Intéressante analyse...
Personnellement, j'ai de la cautèle et de la réflexion.