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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La peur pour échapper à l'angoisse

Peur-et-angoisse.jpgCe n’est pas de l’inconnu dont nous avons peur, mais de la représentation que l’on s’en fait. L’inconnu en soi n’a rien de terrifiant car on ne le connaît pas. Cet inconnu, nous ne l’acceptons pas comme tel. Il nous faut le connaître, tout du moins un peu, et c’est ce peu qui est l’intervalle dans lequel se projettent nos terreurs. On se fait une idée de ce qui nous échappe. Il nous faut faire de cet inconnu un objet identifié, sauf qu’il y a bien plus de soi dans cet objet imaginé que de réalité. Ainsi, la peur se nourrit de cet écart, et donc mincit d’autant si l’on cherche à rencontrer ce qui nous effraie. La rencontre vainc la peur, et cela même si l’on est en danger, car c’est l’action qui a pris sa place. La fuite au contraire l’alimente, avec l’imagination pour mère nourricière. Pour autant faut-il qu’il s’agisse d’une rencontre avec quelque chose d’imaginée, c’est-à-dire lorsque l’imagination précède la rencontre. Car rencontrer le réel, dans toute sa réalité, dans toute sa brutalité, n’apeure pas, mais angoisse. L’angoisse ne vise rien, mais tout. Elle n’a pas d’objet, donc aucune rencontre n’est possible. On ne peut avoir de prise sur elle, si ce n’est de s’en éloigner, avec des artifices. Il y a l’abrutissement, mais le prix à payer est très élevé, c’est-à-dire renoncer à penser par soi-même, parce que l’angoisse fait d’un esprit autonome sa demeure. Il y a la peur qui est un processus de réification. En clair : la peur procure des objets pour qu’une rencontre, ou alors la fuite, soit possible ; la peur donc, pour échapper à l’angoisse.

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