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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La liberté est un phénomène avant que d'être une idée

Liberte.jpgLa liberté est indémontrable. On peut la concevoir, mais on ne l’entrevoit jamais aussi bien qu’une fois exercée. La liberté en quelque sorte vient après coup, l’acte accompli. J’ai plus été libre que je ne le suis. Il y a certes des instants, ou des lieux, qui lui sont favorables, d’autres non. On peut même identifier des causalités justifiant telle ou telle action. La liberté est alors inscrite dans un enchaînement particulier. Mais c’est là une vue de l’esprit. Il nous faut sans cesse trouver une raison à tout, y compris en conditionnant la liberté, comme si nous l’enserrions dans nos griffes pour comprendre la façon dont elle fonctionne. Sauf que la liberté s’est envolée après que nous en ayons usée. Elle ne se saisit pas ; elle se vit. Nous nous disons pourtant libres, s’agissant d’un droit, inaliénable, transportable, que l’on peut revendiquer à tout moment, n’importe où. C’est effectivement le cas. Je suis libre, mon voisin l’est, mes parents le sont, mais pourtant faisons-nous preuve de liberté ?  Pas nécessairement. Dans l’absolu, nous ne serions pas libres en étant forcément libre. La condition épuise la liberté, la nécessité la condamne. Nous sommes des êtres légalement libres, et nous le sommes d’autant plus que nous avons des devoirs. En effet, le devoir de l’un garantit la liberté de l’autre, et inversement. La liberté ainsi est une possibilité lorsque nous sommes au moins deux. Seul, je ne puis faire preuve de liberté. La nature elle-même ne m’est d’aucun secours, compte tenu de son indifférence à mon égard. La liberté a besoin d’attention. Elle est dans un geste, se loge dans une relation, se réalise à l’unisson. La loi peut nous reconnaître individuellement libre, mais cette reconnaissance ne veut pas dire liberté. Elle en est la prémisse, et non une cause systématique. Tout système condamne la liberté et il ne suffit pas de se dire libre pour en jouir. La liberté est avant tout un phénomène, avant que d’être une idée.

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Le Cazals 29/06/2012 10:58

La liberté c'est simplement pour l'émancipium. "Nous sommes reconnaissants les uns les autres d'être libres" disait un philosophe d'Amsterdam... Mais la liberté réclamée n'est-elle pas pour ceux
qui manque de capacité, ce qui est le point de vue réaliste.

Henri-Pierre 26/06/2012 18:10

Les symboles jefka n'ont que la valeur qu'on leur donne

Henri-Pierre 26/06/2012 10:19

Epineuse question : il y avait ceux qui paraient la fleur de leur fusil de l'illusion enthousiaste de leur liberté.
Et puis, les enrôlés contraints et forcés.
Je parle au passé pour me placer hors flux de l'actualité ;-)

Jefka 26/06/2012 10:53



Ce n'est pas tant l'étendard qui ruine la liberté, mais ce peut être ce pour quoi on le porte.



Henri-Pierre 26/06/2012 07:49

Pauvre liberté que l'homme s'ingénie à réduire à force d'idéologies, de doxas, d'encartements, etc.
Je me demande si la liberté, autre que celle de la pure légale, n'est pas une approche idéale et irréalisable qui ne se laisse deviner que dans la recherche sans cesse fuyante d'elle-même

Jefka 26/06/2012 09:47



La liberté disparait-elle sous les étendards ?


Merci Henri-Pierre pour votre commentaire.


Jean-François



Tahar YETTOU 25/06/2012 20:02

La liberté ! Comment la définir?...
On se pose la question:"suis-je libre?"...
La liberté existe quand on ne se sent pas libre:on la sent quelque part...Elle peut être comme la vie:tant il y a la vie,elle existe.Une fois que survient la mort,la liberté n'existe plus...

Jefka 26/06/2012 09:45



La liberté que l'on sent, comme s'agissant d'un sentiment ?