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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La colère pour pimenter l'existence

Colere.jpgLa colère rompt la monotonie, ce qui lui vaut d’être parmi ces piments qui relèvent l’existence pour la soustraire de la torpeur. Sauf à ce qu’elle soit un trait de caractère, mais peut-on alors encore parler d’elle, s’agissant plutôt d’un état colérique en mouvement ordonné, la colère ne s’inscrit pas dans les habitudes. Pour autant, on ne peut en user à la demande. On ne la maîtrise pas lorsqu’elle se déclenche. La colère est ainsi comme une dépossession de soi. Ne dit-on pas à ce propos que l’on était hors de soi quand celle-ci se manifesta ; et pourtant, c’était bien soi, et personne d’autre. Conclure donc que je n’étais plus moi quand je m’emportai est un signe de renoncement. Analysant après coup cet état passager, je m’en remets à autrui. Non pas spécialement pour lui attribuer la responsabilité de la colère qui me secoua, mais plus pour me décharger d’elle, comme pour me vider de ce qui me posséda pour m’animer avec autant de force. La colère pimente donc l’existence sans que la volonté y participe. Elle est comme une transcendance en ne m’appartenant pas dans toute sa dimension, bien que je puisse être responsable devant elle. Elle est aussi un réflexe, une réaction incontrôlée suite à une cause précise. Elle vient après coup et c’est en cela qu’elle est différente du courage. On n’est pas courageux par réaction ; en colère oui. Le courage est de l’ordre de la raison, d’une position que l’on prend ; la colère, elle, appartient aux émotions qui me font prendre position. On gouverne le courage, guère la colère. Le piquant d’un piment n’est connu qu’une fois celui-ci goûté.

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