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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

L'homme n'est pas suffisamment sapiens pour s'éviter la guerre

Casques-bleus.jpgL’être humain a toujours entretenu avec la guerre un rapport ambigu. En très grande majorité, les hommes se sont toujours déclarés hostiles à la guerre sans pour autant s’exonérer de la faire. Serait-ce dans la nature humaine qu’il faille rechercher une inclinaison à guerroyer ? Freud sur ce point nous dit que tout individu est exposé sur le plan instinctif à des pulsions de mort, qui sont autant de forces destructrices contre les autres mais aussi contre soi-même, parallèlement aux pulsions de vie qui tendent vers la conservation de l’être. Nous serions instinctivement dualistes.  Pour autant, nous ne sommes pas animés uniquement par des élans pulsionnels. La raison est là. C’est elle qui permet de faire la différence entre le désir et la volonté. Ainsi, la paix ne pourrait être permanente qu’avec la volonté car le désir, lui, est versatile. Nous pourrions donc dire que tout homme raisonnable n’aspire qu’à la paix, et la raison l’emportant sur les instincts car nous ne sommes plus des animaux, aucune guerre n’a lieu d’exister. Pourtant, il n’en est rien. Toutes les civilisations ont été traversées, ou le sont encore, par des conflits collectifs, certains ayant même eu parfois un rôle fondateur. La raison aurait-elle alors si souvent cédé à l’instinct ? Certes non, parce que la guerre n’est pas un but, mais un moyen. L’homme raisonnable a bien un impératif, celui de vivre paisiblement, mais il lui faut quelques fois prendre les armes pour atteindre cet objectif. La guerre peut-elle donc être juste ? Elle peut l’être effectivement mais dans des conditions extrêmement précises et invariables, soit lorsqu’elle est le dernier recours face à une violation d’un droit international plaçant l’homme et le respect de la dignité humaine au-dessus de toute idéologie, de toute politique, de toute religion, de toute économie. Ce droit international efface d’ailleurs les frontières. C’est un droit au service de la personne, et non des Etats. Que se passerait-il en effet si l’humain était bafoué au sein d’un seul et même pays ? La violence et la barbarie en effet ne sont pas conditionnées à la nationalité. L’homme est capable des pires atrocités sur son voisin. Ainsi, dès lors qu’un peuple est victime dans sa chair de la tyrannie de ceux qui le gouvernent, que ce même peuple n’a pas les moyens de sa défense, la communauté internationale se doit de l’aider et alors faire respecter, avec la force si nécessaire, le droit de chacun à disposer humainement et dignement de lui-même. Peu importe dans tel cas les qualificatifs, peu importe qu’il soit dit frappes chirurgicales ou directement prononcé le mot de guerre pour commenter les actes, l’action n’en est pas moins légitime. Bien-sûr que la paix ne doit pas être un préparatif à la guerre, mais le pacifisme ne saurait être confondu avec l’inaction. Il faut parfois avec les armes payer le prix d’une paix durable au bénéfice de l’humain. Sans force, le droit n’est qu’une déclaration dont les tyrans sont sourds.

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