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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

L'homme meurt, pas l'humanité

Mort-Seneque.jpgTout organisme vivant est mortel ; la vie se définit aussi par sa fin. Mais seul l’homme est concerné par l’idée de la mort. Certaines espèces animales peuvent bien être dotées d’une conscience, son degré n’est pas suffisant pour que celles-ci se représentent leur propre mort. La sépulture d’ailleurs est le signe universel de l’humanité, à travers les âges et les espaces. L’homme signe moralement ce qu’il est en enterrant ses morts. L’être humain est donc l’unique vivant se sachant mortel, et pourtant il tente de dépasser sa finitude. Edgar Morin résumait de façon suivante cette vue paradoxale de l’esprit à propos de la mort : « La même conscience nie et reconnaît la mort. Elle la nie comme anéantissement et la reconnaît comme évènement. » Sacraliser la mort pour en faire un rite funéraire est une façon de penser la mort et de l’envisager comme une étape vers autre chose. Espérance d’immortalité en institutionnalisant la tombe... Cette espérance pourtant a fondu avec la modernité. La sépulture est devenue moins utilitaire mais n’en est pas moins nécessaire. Elle est le symbole du respect de l’homme. Qui n’enterre pas ses morts respectueusement perd de son humanité et la fait perdre au défunt. Les vivants sont responsables des morts. Un être est humain sa vie durant et son humanité perdure dans le sacre de sa fin. L’homme meurt, pas l’humanité.

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