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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

L'évidence comme une correspondance avec le néant

Evidence.jpgPeu de choses ont la puissance de l'évidence, celle-ci s'imposant sans alerte, sans bruit, sans arme. Tout à coup l'évidence envahit la conscience. Elle est une surprise, bien qu'elle n'ait pas le caractère de la nouveauté. Ce qui est évident est ce que nous avons toujours su sans le savoir. L'évidence est ainsi forte parce que sa valeur ne tient pas dans ce qu'elle transporte. Sa force, elle la puise dans le sentiment de familiarité qu'elle nous laisse. Elle est un accord, ce qui est source de bien-être. Je me sens bien dès lors que quelque chose m'est devenu évident. Je suis comme satisfait, satisfaction d'autant plus appréciable qu'autrui n'intervient pas dans ce commerce. Les évidences commandées ne sont en effet que des affirmations armées. Je suis donc seul avec l'évidence. D'ailleurs, je me convaincs bien souvent d'en être le maître en pensant qu'elle m'est redevable de son avènement. Et pourtant, il y a dans l'évidence comme quelque chose d'extérieur, voire d'étranger. J'ai cette impression de la recevoir, alors que personne n'est derrière elle. Elle n'est pas non plus le discours du monde puisque celui-ci est silencieux. Peut-être l'évidence est-elle alors une correspondance avec le néant dont nous sommes originaires, ce qui laisserait entendre le rapport d'intimité que l'on perçoit entretenir avec elle.

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