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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Et pourtant, pour dépasser le à quoi bon

A-quoi-bon--et-pourtant.jpgNous sommes amenés parfois à nous poser une question dont la simplicité ajoute à la cruauté de la réponse qu’elle laisse sous-entendre : « à quoi bon ? ». A quoi bon faire ceci ou cela si tout est vain. En effet, après avoir été jeté dans le monde sans aucune explication, ni même sans raison, il ne nous est pas permis d’emporter quoi que soit avec soi lorsqu’une dernière révérence signe notre fin. Puis après, la seule chose que nous laissons, un souvenir, une trace, s’estompera, rapidement ou pas, notre existence fût-elle parcourue d’un pas léger ou pas. La postérité n’est pas promise à tous. Certains certes perdurent dans les mémoires, mais il s’agit plus d’histoire que de persévérer dans leur être. Donc, à quoi bon se lever chaque jour pour nourrir un quotidien assommant?  A quoi bon aimer en espérant qu’au mieux ce sera la mort qui séparera les amants ? A quoi bon s’occuper d’un corps qui irrémédiablement s’épuisera ? A quoi bon créer quoi que ce soit pour qu’ensuite les années se chargent de démoder la chose précédemment créée et l’entraîne vers un terme oublieux ? A quoi bon ? A quoi bon ? Nous voilà bien maintenant, sans réponse ! Premier échappatoire : oublions vite la question. Partout il y a suffisamment de divertissements pour s’occuper d’autre chose. Et même s’il s’agit de se perdre soi, le conformisme n’en est pas moins un refuge. On s’occupe avec tout le monde au lieu de penser seul, et tant pis s’il faut s’abandonner un peu, ou beaucoup…Seconde issue : ne chercher aucune réponse mais adopter une posture : à quoi bon certes, et pourtant ! Oui, nous sommes déjà finis avant que d’avoir tout juste commencés. Oui, la présence est jumelle de l’absence. Oui, notre empreinte n’est pas faite de marbre. Oui, peut-être aurons-nous compris quelque chose qu’il faudra déjà partir. Et pourtant, il faut vivre, et du mieux que possible. Tout est vain certainement, et pourtant nous sommes chacun au-delà de toute valeur. Tout est périssable il est vrai, et pourtant nous sommes une richesse incomparable parce qu’à nul endroit, ni à aucun moment, passé ou présent, une existence n’est identique à une autre.

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