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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Autrui contre l'absurde

Autrui-absurde.jpgLe monde est un désert de sens. Rien ne préexiste et donc nous ne connaissons rien de ce qui existe avant que de le vivre. Mais suffit-il de vivre pour appréhender l’existence dans sa totalité ? N’y-a-t-il jamais rien qui nous échappe, entre ce que nous vivons et ce qui existe ? Toujours est-il que ce qui existe nous est imposé, y compris nous-mêmes. Nous n’avons pas eu le choix d’être là et rien, ni personne, ne peut nous dire raisonnablement pourquoi nous le sommes. Certains ont bien tenté de le faire, et essaient encore, mais il faut alors plus les croire que les recevoir comme justifiant notre présence. En soi rien n’a de sens, ce qui ne pose pas de problème sauf lorsque la conscience s’en mêle. L’éveil est douloureux, la lumière aveuglante. Trop de lumière nuit à la clarté, et l’on se perd volontiers une fois que l’on ne trouve plus rien à quoi s’accrocher. Le monde est devenu un rocher absurde, ce qu’il a toujours été d’ailleurs. Il faut donc du sens, et cela en s’engageant pour soi afin de dépasser ce qui est en soi et qui n’est rien d’autre que ce qui s’impose sans motif. La liberté notamment en passe par là, c’est-à-dire qu’il faut partir de zéro, de rien, pour ensuite déterminer le réel afin que soit ce que l’on a décidé qu’il soit. Nous sommes en fin de compte des projecteurs de sens sur ce qui est, sur les choses, sur le vivant, sur autrui, tout cela pour nous servir. Mais il ne nous suffit pas que cette projection se fasse dans une seule direction. Nous avons besoin d’un retour, d’un écho au sens que l’on donne, comme pour le confirmer. Cette confirmation, on peut l’appeler de différentes façons, comédie, tragédie, ou encore divertissement, peu importe, dans tous les cas on attend d’autrui qu’il soit le miroir de notre raison d’être là pour s’assurer que nous n’existons pas pour rien.

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