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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Sur l'origine de l'amour selon Platon

Au départ, selon Platon, nous étions des êtres complets, parfaits, circulaires, avec quatre jambes et quatre bras, et deux visages formant une seule tête. Une autre différence par rapport à l’état actuel de l’homme est qu’il existait trois genres : le mâle, la femelle, et l’androgyne- à la fois homme et femme. Cet état physique peut être considéré comme un état de plénitude passé de l’homme, une perfection et une position de toute puissance. Cette toute-puissance a conduit les hommes à un excès d’orgueil les menant à vouloir affronter les dieux. Mais les dieux, dirigés par Zeus, nous ont punis, nous les hommes. Néanmoins, les Dieux ne voulaient pas totalement annihiler le genre humain, car cela aurait signifié qu’ils ne recevraient plus d’offrandes d’aucune forme. Ils punirent alors les hommes par une séparation des corps, ce qui de plus leur apportait des offrandes en encore plus grande quantité. De cette division des êtres auparavant complets naît le désir ; le désir pour l’autre. En effet, Zeus divisa les hommes en deux êtres nouveaux possédant chacun deux membres supérieurs et inférieurs, et demanda à Apollon de les façonner afin qu’ils ressemblent à ce à quoi l’on ressemble aujourd’hui. Par l’engendrement du désir de la partie qui nous manque, les dieux avaient pour but de nous rendre, nous les hommes, plus faibles. Mais le dédoublement des êtres parfaits qu’étaient les hommes à leur origine, ajouté au fait que le désir est insatiable, les faisait désirer leur moitié, l’être qui leur était complémentaire, et désirer la reconstitution de leur unité première. Tombant dans les bras l’une de l’autre, les moitiés se laissaient mourir de l’insatisfaction de ce désir. Les dieux tournèrent alors l’organe reproductif des hommes- notre organe reproductif – à l’avant des corps, pour leur propre intérêt et celui des hommes également, car l’espèce s’éteignait, leur union physique étant vaine et insatisfaisante. Pour permettre une satisfaction bien qu’éphémère du désir, les Dieux créèrent la sexualité et la reproduction. Ce que Platon nomme amour inné des hommes les uns pour les autres date de cette période lointaine. Celui-ci permet aux hommes de ne former qu’un être, ou du moins d’essayer de n’en former qu’un seul. Étant tous une partie d’être humain, ce à quoi nous sommes voués est la recherche de notre autre moitié, notre moitié complémentaire, qui aujourd’hui pourrait correspondre au terme d’ « âme sœur ». Platon explique, comme cela, que du fait que l’on soit une partie d’être dédoublé, les fractions d’humains appartenant au genre androgyne d’antan forment ensemble, une fois réunis, ce que l’on appellerait aujourd’hui les couples « hétérosexuels ». De même, les fractions provenant du genre femelle constitué de deux femmes avant la séparation des corps par les dieux se recherchent constamment, ainsi que les mâles provenant du genre antique mâle sont à la quête les uns des autres et se désirent mutuellement. Platon explique alors l’homosexualité, lui donne une justification de sorte à la légitimer; il désigne les hommes s’aimant entre eux comme les plus virils des êtres, pudiques et essentiels au bon fonctionnement de la société puisqu’ils pratiquent la politique. Ces êtres se désirent tellement, selon Platon, qu’ils ne supportent pas d’être détachés l’un de l’autre, car ils sont animés d’un sentiment fort : celui de l’amour. Platon illustre ici le mystère de l’Amour, puissant par ses effets, puisque les gens qui s’aiment, peu importe leurs sexes, ainsi que ceux qui sont témoins de leur relation, ne peuvent croire que la passion amoureuse soit le seul motif de leur empressement à vivre côte à côte : cette raison est le désir d’être réunis de nouveau, inexprimable autrement que par l’union physique et sexuelle de deux corps qui s’aiment. En effet, l’exemple d’Héphaïstos qui demande à deux hommes qui s’aiment et ont des relations sexuelles si ceux-là même veulent ne refaire plus qu’un comme jadis illustre la possibilité du soulagement de la réalisation du but ultime humain : s’unir de nouveau avec son complémentaire, son âme sœur, de sorte à ne plus jamais se quitter, même aux enfers.

 

A travers ce mythe, Platon, par l’intermédiaire d’Aristophane, explique l’origine du désir amoureux, légitime l’homosexualité et explique son origine, et enseigne l’importance de la piété et le respect de la puissance des dieux, qui, négligée par les hommes orgueilleux, a conduit ces derniers à leur perte. Dans ce mythe de l’« androgyne », Platon expose la réminiscence de notre antique nature- parfaite et complète- qui est le fait d’éprouver un désir sans savoir quel est l’objet de celui-ci, l’« objet » susceptible de combler ce désir. On retrouve, par l’Amour, une illusion de la plénitude d’antan. On entreverrait alors les prémices d’une satisfaction possible pour trouver notre état complet dès que l’on rencontre notre « âme sœur ». Le plaisir -qui n’est, néanmoins, pas la finalité ultime du désir- a au moins l’avantage d’accorder des moments de répit au désir. La satisfaction du désir pour l’autre peut correspondre à une consolation éphémère, car le but du désir est la « ré-acquisition » de la plénitude, la création de la perfection de la nature originelle -mais perdue- des hommes.

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Angeline 22/03/2017 15:26

j'aime me promener ici. un bel univers.

Angelilie 07/02/2017 15:32

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. un enchantement. je reviendrai

jfc 10/04/2017 06:17

merci Angeline.