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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Les philosophes - Saint-Augustin - Le compromis entre philosophie et religion

Saint-Augustin.jpgLa religion et la philosophie sont par nature antinomiques. La première consiste à croire en une vérité alors que la seconde recommande la raison pour découvrir le vrai. Il n’est donc pas aisé d’être à la fois pratiquant de Dieu et s’inscrire par ailleurs dans une démarche philosophique. Augustin s’y essaie entre le IVème et Vème siècle de notre ère, participant ainsi à un courant depensée qui prit son origine chez les grecs et chemine vers la théologie. Le christianisme s’est installé et avec lui le monothéisme, rompant avec la multiplicité divine de la mythologie, s’accorde avec certaines théories antiques. L’époque se tourne vers le néoplatonisme, le monde des Idées étant repris sous un angle libérateur. Il est décrit comme le lieu où se tient la divination suprême prête à accueillir l’âme humaine lorsque celle-ci, grâce à l’esprit, se sera libérée de cette enveloppe corporelle qui l’emprisonne. La matière en effet contient l’homme sous des aspects qu’il n’a pas choisi, et cette matière appelle le mouvement dont l’homme n’est pas maître.
La conversion au divin n’est pas chose facile. La vie d’Augustin illustre les difficultés pour trouver une voie dite salutaire. Sa jeunesse fût toute consacrée aux plaisirs corporels motivés par des passions débauchées. Puis la foi s’est installée jusqu’à ce qu’Augustin soit totalement converti. Il se plonge alors dans la réflexion chrétienne, pour au final remettre en cause les dogmes religieux de son époque. Il estime en effet que la doctrine officielle est entachée d’erreurs qui menacent l’intégrité de la pensée catholique. Il conteste notamment le manichéisme. Selon lui, le monde n’est pas dualiste. Le bien et le mal ne sont pas dissemblables mais contenus dans chaque chose, certes à des degrés différents. Là où le bien donc Dieu n’est pas omniscient, le mal a toutes ses chances pour se développer. L’homme peut ainsi être gagné par le mal s’il se détourne du bien, en s’adonnant à toutes sortes de plaisirs. Il s’agit ici d’une question de choix, comme Augustin le pratiqua lui-même. Découvrir et se tourner vers Dieu n’est donc pas la manifestation d’une soumission prédisposant au salut, mais un acte délibéré, volontaire.
Augustin se démarque également de l’observation d’Aristote et de l’idéalisme platonicien qui tous deux tendent à orienter l’esprit humain vers le monde extérieur. Augustin préconise au contraire de guider la raison vers une entreprise introspective car selon lui, Dieu se trouve dans tout homme. La philosophie, qui est un acte employant la réflexion, doit par conséquent nous permettre d’aller à la rencontrer du divin. Elle offre à tout penseur un point d’ancrage métaphysique, un aspect immuable de sa personne qui ne souffrira d’aucun renversement d’ordre passionnel ou de dommage corporel. Pour Augustin, il faut croire pour comprendre et ainsi espérer raisonnablement le salut.

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