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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 15:33

Texte écrit par Déborah Vaissac

 

Qui-sommes-nous.jpgQui sommes nous ?
Il est si difficile de dire qui on est, même si on pense savoir tout sur nous même, ce qui malheureusement est faux. L'homme n'est pas transparent à lui même et il serait bien incapable de dévoiler tout ce qu'il y a à savoir sur lui même puisqu'il ne peut livrer que sur lui même des informations telles que l'identité. Mais n'est ce pas une identité vague ?

L'homme est avant tout un « sujet » mais attention, la notion de sujet a des définitions qui varient selon le contexte. En philosophie, on apprend que le sujet est avant tout pensant et responsable de ses actes même si le cas d'une maladie mentale reste à découdre. Il n'est pas soumis ou encore moins asservi comme aux temps des monarchies absolues.
Le sujet est conscient, conscient de ce qu'il fait mais est-il conscient de ce qu'il est vraiment ?
Certes on pourrait décliner son identité, nous présenter tous ses actes bons ou mauvais qu’on ne saurait pas ce qu'il est au fond de lui-même, dans le plus profond de sa pensée. Car lui seul peut faire cette démarche d'introspection sur lui même qui est à la base même de la philosophie.

Car si l'homme ne se questionne pas sur lui-même, il ne pourra avancer, sinon rester prisonnier d'une vision du monde qui n'est pas la sienne. La conscience de l'homme, à savoir ce qu'il est vraiment, s'est heurtée depuis la fin du XIX siècle à une science qui découle de la philosophie, soit la psychanalyse dont le premier a en développer les théories est Sigmund Freud. On y apprend que la conscience n'est pas tout, mais qu'il existe un inconscient ? Je ne parle pas de l'état passager dans lequel on peut se trouver mais bien d'un inconscient psychique, c'est à dire une partie jusqu'alors inconnue qui se diviserait en trois partie : le « moi », a savoir l'homme conscient, le « ça », qui commande toutes nos pulsions et enfin le « surmoi », qui exerce un contrôle sur le « ça », s’agissant plus d’un contrôle moral concernant par exemple notre comportement en société.

Ainsi, il serait encore plus difficile de ne nous définir avec l'apparition de cette nouvelle science puisque nous ne pouvons mesurer réellement notre inconscient, ce sur quoi il est fondé. Il y aura toujours une part d'ombre car on peut tout savoir, la connaissance n'est pas innée mais s'acquiert avec du temps et de l'expérience. La meilleure connaissance n'est-elle pas comme le dit lui même Socrate dans l'Apologie de Platon : "Je sais que je ne sais rien". Donc la meilleure connaissance n'est-elle pas de reconnaître d'abord son ignorance? N'est ce pas cela la vraie sagesse?
Socrate, a dit l'oracle de Delphes, est le plus sage de tous les hommes. Mais n’en était-il pas le plus sage parce qu'il avait reconnu sa propre ignorance en faisant cette introspection sur lui même ?

La sagesse a toujours été considérée comme l'état ultime, équivalant au Nirvana ou encore à cet état de plénitude que vive les dieux et qui est évoqué par Epicure dans sa Lettre à Ménécée : tout le monde peut être sage, nous dit Epicure, il suffit juste de suivre son quadruple remède.

Le quadruple remède

Cette éthique était résumée, dès l'Antiquité, par ce qu'on a appelé le tetrapharmakos (le «quadruple remède»), qui tient en quatre propositions fondamentales: il n'y a rien à craindre des dieux; il n'y a rien à craindre de la mort; on peut atteindre le bonheur; on peut supporter la douleur.
Rien à craindre des dieux, non parce qu'ils n'existent pas (« la connaissance que nous en avons est évidente », disait Epicure), mais parce qu'ils ne s'occupent pas de nous : leur bonheur immortel leur suffit. Rien à craindre de la mort, non pas parce qu'on ne meurt pas, mais parce qu'on meurt pour de bon. La mort n'est qu'un pur néant ; elle n'est donc rien pour nous. Elle n'est pas là quand nous sommes, et quand elle est là, nous ne sommes plus.

Quant à la douleur, elle est toujours limitée : extrême, elle est brève ; durable, elle est supportable. L'esprit, purgé des fausses frayeurs de la superstition (les dieux, l'enfer), peut alors jouir en paix du plaisir. Cette jouissance paisible est le bonheur même.

Mais quel plaisir? Il faut distinguer ici, explique Epicure, différents types de plaisirs. Certes, tout plaisir en lui-même est un bien, comme toute douleur est un mal. Mais tout plaisir ne doit pas être choisi et toute douleur ne doit pas être évitée. Il faut savoir renoncer à un plaisir qui entraînerait plus de désagréments et accepter certaines douleurs comme condition d'un plaisir plus grand. De là une classification dichotomique des désirs.

Les désirs

Texte écrit par

Les désirs sont soit naturels, soit non naturels. Ces derniers (désirs de richesse, de pouvoir, de gloire...), par nature illimités, sont vains, parce que sans objet capable de les satisfaire. Le sage ne peut qu'y renoncer. Quant aux désirs naturels, les uns sont nécessaires, les autres non. Les premiers, les désirs naturels et nécessaires, sont toujours bons : qu'ils portent sur des objets nécessaires à la vie même (comme la nourriture), au bien-être (comme les vêtements) ou au bonheur (comme l'amitié ou la philosophie), ils sont faciles à satisfaire et laissent le corps et l'âme en repos. Les seconds, les désirs naturels et non nécessaires, sont bons par eux-mêmes, mais peuvent parfois - si l'on en devient esclave - introduire dans la vie plus de désagréments que de plaisirs. Ainsi en est-il des désirs sexuels ou esthétiques. Le sage saura ici faire preuve de discernement, et jouir d'autant mieux des plaisirs qui se présentent qu'il sait qu'aucun n'est absolument nécessaire à son bonheur ; ce sont des plaisirs donnés par surcroît, délectables quand ils sont là, mais qui ne doivent pas manquer quand ils n'y sont pas.

L'ataraxie

De là ce paradoxe bien connu de l'éthique épicurienne fondée sur le plaisir (c'est un hédonisme), elle débouche sur un quasi-ascétisme. C'est que, si le plaisir est le souverain bien, il ne l'est qu'à la condition de pouvoir être satisfait pleinement et facilement: un peu de pain, un peu d'eau, un peu de philosophie y suffisent. Le plaisir ne réside pas dans la jouissance, mais il consiste, pour le corps, à ne pas souffrir et, pour l'âme, à n'être pas troublée. Telle est l'ataraxie (littéralement « absence de trouble »), qui est la paix de l'âme et le vrai nom de la sagesse.

 

Par Jefka - Publié dans : CONTRIBUTIONS - Communauté : La commune des philosophes
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Commentaires

Blog(fermaton.over-blog.com),No-27, DEUX TOURS ! MATHS ? Qui sommes nous ?
Commentaire n°1 posté par Clovis Simard le 28/06/2012 à 21h05

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