Partager l'article ! Quand Voltaire condamne l'homosexualité...et se trompe deux fois: Voltaire a su élever les esprits et restera à jamais une fi ...
Voltaire a su élever les esprits et restera à jamais une figure essentielle des Lumières. Mais un auteur, aussi prestigieux soit-il, a
parfois sa part d'ombre, et il n'est pas interdit de la commenter. A propos de l'homosexualité, le philosophe français écrivait qu'il y voyait « un vice destructeur du genre humain, s'il
était général, et un attentat infâme contre la nature ». Ainsi, Voltaire reproche deux choses aux homosexuels : de ne pas concourir à la perpétuation de l'espèce et de s'opposer à la
nature. S'agissant du premier argument, Voltaire adopte une approche que l'on peut qualifier de kantienne, en s'en remettant au caractère universel de ce qui est fait pour moraliser l'acte. Sauf
que selon les règles morales définies par Kant, c'est la maxime d'une action qui doit être universalisable, et non l'action elle-même. Autrement dit, un rapport homosexuel n'est pas immoral à
condition que l'autre soit consentant. L'universalité tient ici sur le consentement, ce qui est différent de penser la moralité de l'homosexualité sous l'angle de la généralité. Quant à la
seconde accusation, nous pourrions demander à Voltaire ce qui peut être contre-nature à partir du moment où tout ce qui existe est dans la nature. A considérer qu'une chose dite naturelle soit
nécessairement morale, nous pourrions aussi rétorquer que certains traits de la nature humaine ne présentent guère d'impératif en terme de moralité, comme l'égoïsme par exemple.
Ainsi, dans une même phrase, Voltaire se trompe deux fois, ceci en voulant adosser l'orientation sexuelle à une condition morale, par référence à la nature. Mais la nature n'exige rien, elle n'a aucune volonté. Qui sommes-nous pour lui prêter une quelconque intention, ou parler à sa place ? Et si l'espèce humaine venait à disparaître de la surface de la Terre, la nature n'en continuerait pas moins d'exister. Les aspects moraux appartiennt à l'homme, et rien qu'à lui, mais la sexualité doit en être exclue, sauf sur un point essentiel pour le bien-être de tous : tout rapport sexuel doit être librement et absolument consenti par ceux qui s'y adonnent, quelque soit leur inclination.
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