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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Présentation du mythe de Prométhée...ou le risque de la technique pour la technique

Mythe-Promethee-philosophie.jpgL’homme est à l’origine un être dépourvu de disposition naturelle spécifique ; il est généraliste, telle est l’idée développée dans le mythe de Prométhée, et présentée par Platon dans Protagoras. Il a fallu qu’un dieu, Epiméthée, soit imprévoyant pour que l’être humain ne puisse bénéficier d’une faculté particulière, comme l’ensemble du règne animal, pour la préservation de l’espèce : « Cependant Epiméthée, qui n’était pas réfléchi avait sans y prendre garde dépensé pour les animaux toutes les facultés dont il disposait et il lui restait la race humaine à pourvoir, et il ne savait que faire ». (Platon – Protagoras). Cependant, Epiméthée n’est pas seul. Son frère, Prométhée, lui vient en aide. Ne disposant plus de ressource naturelle à attribuer à l’homme, il s’en retourne vers les dieux, ou plutôt vole à Athéna et à Héphaïstos, le feu et la connaissance des arts. Ainsi, les hommes se conserveront non pas selon une singularité innée comme les animaux, mais grâce à l’intelligence et avec elle l’acquis en usant de la technique. L’homme devient alors un animal culturel, et c’est la culture qui lui donne son caractère d’exception au sein du monde des vivants, jusqu’à être supérieur. Parce qu’il était nu à la création, sans détermination naturelle, il échappe à une spécialisation qui l’aurait enfermée dans un rôle prédéterminé. Cette nudité est au fondement même de l’humanisme, comme l’explique Edgar Morin : « L’humanisme fonde l’homme en l’isolant dans la nature et en l’autonomisant en droit ; l’homme est autosuffisant et puise sa légitimité et son fondement dans la raison : homo-sapiens est peut-être issu de la nature mais par sa Sapience il échappe à la nature ». Parce qu’il est imparfait, l’homme a donc du créer, fabriquer ce qui lui manquait pour se protéger, contrairement à l’animal qui avait déjà tout pour persévérer. Cette création constitue la culture, qui est un emploi de la nature à des fins humaines, et cet emploi est transmis entre les hommes et les générations sous forme de savoir-faire. Mais pour que cette transmission puisse se réaliser, il fallait que les hommes vivent ensembles. De ce fait, la société se constitua pour le bénéfice de tous, et les savoirs-faires se transmettant, ceci exonéra l’homme de devoir perpétuellement tout recommencer et lui permit de perfectionner ses ouvrages, de s’inscrire dans le progrès technique. Restait pourtant une chose essentielle à acquérir pour le maintien de ce bel édifice : la capacité des hommes à vivre ensembles. Il faudra, selon le mythe, que Zeus en personne intervienne pour que la technique soit supplantée par la pudeur et la justice, car les arts sont répartissables et non le droit de chacun à vivre en toute intégrité. Une société est plus qu’une communauté de moyens et la réduire à une entreprise technicienne, soit la technique pour la technique comme notre époque y cède volontiers, produit des êtres assistés matériellement qui s’écartent de l’intelligence humaine.

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cadeau 18/12/2014 17:52

c trop nul nn mais allô quoi il ya même pas des choses porno