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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Les philosophes : Le stoïcisme - La maîtrise de la volonté

Stoicisme.jpgLes écoles philosophiques de l’Antiquité, telle l’Académie de Platon, le Lycée animé par Aristote, le jardin d’Epicure, ne sont pas des lieux où est dispensé uniquement un enseignement. La théorie est certes le sujet central des paroles échangées mais une fois celle-ci expliquée, elle se complète d’applications pratiques et continues au sein même des murs qui ont servi la leçon. Enseignants et élèves partagent ainsi leur vie ensembles pour gouverner leur existence dans le respect des principes énoncés préalablement en guise d’instruction.
Les stoïciens pratiquèrent ainsi. Pour eux, la réflexion ne se matérialise pas seulement par des vues de l’esprit, elle consiste également à transformer l’être, jusqu’à atteindre la sagesse tant recherchée. Il faut donc s’exercer pratiquement et régulièrement, vivre la doctrine. Mais à ce sujet, quels sont les fondements théoriques qui une fois assimilés entrouvrent la porte conduisant à une sérénité bienveillante ?
Les stoïciens, appliquant le cheminement rationnel préconisé par Aristote, exploitent l’observation du monde. Ils arrivent à la conclusion que ce qui nous entoure est l’expression de la perfection. Selon eux, tout est ordonné dans la nature et les phénomènes ne sont que l’application de logiques immuables. Le cosmos, pour reprendre la terminologie employée dans la mythologie grecque, représente ce qui est et ce qui doit être. L’homme n’a donc de choix que de trouver sa place dans cette harmonie omniprésente pour vivre sereinement dans l’espace qui lui est dévolu. Il faut donc se connaître soi-même, faire la distinction entre la volonté qui est la possibilité de tout exiger, et la capacité par nature limitée. Une fois défini ce qu’il lui est possible de faire au sein du cosmos, l’homme agit en fonction de ses aptitudes et se satisfait de cette position qui est la sienne. Ainsi, les évènements qui sont parfois des manifestations incontrôlables et les émotions qui en résultent n’atteindront pas l’âme. Agir selon sa nature ne nous préserve pas des aléas mais nous permet de mieux les traverser avant qu’ils ne se transforment en maux. Nous ne serons donc pas les martyres de notre propre histoire à condition de respecter certaines règles, de ne pas dépasser des frontières menant à des terrains chaotiques dont l’humilité et la vertu nous préservent. L’éthique est ainsi un thème principal de la philosophie stoïcienne, étant présentée comme le moyen permettant d’arriver au but qui anime chacun d’entre nous, à savoir le bonheur. Les circonstances ne sont certes pas toujours maîtrisables, mais la volonté contenue par un esprit sage m’éloignera de trop grands hasards.
L’insécurité permanente et les dérives despotiques de l’empire Romain contribuèrent à une appropriation soutenue du stoïcisme par la pensée collective. L’introspection recommandée par les stoïciens constitua en effet une citadelle face aux troubles exogènes. La sagesse devait répondre à la barbarie et elle était également une voie égalitaire pour tous ceux qui se donnaient la peine d’y accéder, qu’ils soient fortunés ou non. Epictète en fût la parfaite incarnation, lui qui de son statut d’esclave devint philosophe. Le stoïcisme escalada même les sommets du pouvoir en la personne de Marc Aurèle, qui remplît les fonctions d’empereur non par désir de puissance mais parce que telle fût la place que la sagesse lui dicta d’occuper.

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