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Le fétichisme est un rapport bien particulier avec la chose. Il lui donne une valeur que sa fonction ne lui reconnaît pas. Le fétichisme est ainsi un
détournement de ce qui est, une déformation de sens. Ajoutez-y une dose de religiosité, et vous avez alors devant vous une relique. Le fétichisme détourne donc, et il lie également. Le fétichiste
se trouve enfermé dans la perception qu’il a de la chose visée, parce que son sentiment se mêle dans un objet qui par nature est neutre sur un plan émotionnel. Sans fétichisme, la chose n’a rien
de risible, ni de larmoyant. On en use sans passion pour elle. Mais dès lors qu’une attractivité se produit vers un objet, la fonction s’efface devant l’image que l’on s’en fait. Le fétichisme
permet alors tous les débordements, de la simple illusion à la plus redoutable superstition. C’est ne plus être tout à fait dans le monde que de vénérer un objet, ou le craindre. Même si le réel
seul n’a point de sens et qu’il nécessaire de lui en donner pour vivre, c’est se tromper que d’accorder à la chose bien plus qu’elle ne puisse recevoir raisonnablement. Dans la nécessité de
signification du monde pour s’éviter toute impasse absurde, le fétichisme empreinte cette voie avec trop d’intensité, et retombe dans l’absurdité. Ce qui est absurde est aussi bien ce qui n’a pas
de sens que trop.
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