Partager l'article ! Le beau, immuable et historique avec l'art: Ce qui est beau est immuable, mais n’en a pas moins besoin de l’histoire pour se manifester. Cett ...
Ce qui est beau est immuable, mais n’en a pas moins besoin de l’histoire pour se manifester. Cette manifestation, c’est l’artiste qui est capable de la capter
pour ensuite la restituer à ses semblables. Il distingue dans les choses ordinaires ce qu’il y a de plus que les autres ne voient pas. L’art ainsi considéré n’est pas une création ex-nihilo,
s’agissant d’une lecture personnelle du réel. Cette personnalisation n’en est pas moins troublante car elle fonde un accord. On dit en effet d’un artiste qu’il est reconnu. Mais cette
reconnaissance se dirige peut-être plus vers l’objet artistique que sur l’artiste lui-même. Celui-ci a vu une chose que nous reconnaissons sans que nous soyons capables de la voir. L’ambigüité de
l’art, car l’art est ambigu, tient dans ce jeu de cache-cache, de ce qui se voit et ne se voit pas, entre le monde, l’artiste et ceux qui le consacrent comme tel. L’usurpation n’est d’ailleurs
jamais très éloignée de l’art parce qu’elle est sur un terrain favorable. L’art n’a rien de factuel, n’a rien à démontrer, ne justifie rien. L’art ne sert à rien, sauf à reproduire ce qui
communément n’existe pas si l’on conditionne l’existence à l’apparence. Rien n’interdit alors au quidam de s’afficher en tant qu’artiste sous prétexte de montrer ce que n’importe qui ne saurait
saisir, sauf qu’il s’agit de n’importe quoi car sans rapport avec le réel. La technique certainement est de secours pour maquiller la duperie et lui donner ainsi un air artistique, mais elle ne
résiste guère au temps alors que le beau, en tant qu’objet d’art, est anhistorique. L’escroquerie, comme tout évènement, n’a pas la force de ce qui est atemporel. Le fard ne dure pas
contrairement au beau.
Derniers Commentaires