Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 16:35

Menace-technologie.jpgLa menace est productrice de connaissances. En effet, on ne connaît jamais tant la valeur de quelque chose dès lors que celle-ci est menacée. Que vous risquiez de tout perdre et alors tout est valorisé. Non pas que la menace surajoute une valeur à ce qui existe. C’est surtout qu’elle crée l’attention chez celui qui l’entrevoit sur ce qu’il sent menacé. La menace a aussi la faculté de saisir l’être dans sa totalité : corporellement, en provoquant des émotions ; sur l’esprit, en l’éveillant. Elle est comme un foyer, provoquant une chaleur sensible et éclairant la conscience. Elle est également un ressort moral, depuis que l’homme est devenu sa propre menace. C’est parce que l’être humain a la capacité de tout détruire qu’il a une nouvelle obligation, un devoir qui n’est pas seulement anthropocentrique, mais qui concerne tout ce qui existe. Dans la perspective d’une destruction totale du monde, rien n’a moins de valeur qu’autre chose, s’agissant du vivant et de la nature. Certes, la matière restera toujours une fois la fin venue, mais ce qui est peut-être le plus beau de ses agencements, c’est-à-dire la nature telle que nous la connaissons, sera néantisée comme tout le reste. Ainsi, la menace est dorénavant un fondement catégorique d’une nouvelle responsabilité quant au devenir. On ne rend plus seulement compte de ce qui a été fait, par référence à ce qui doit être fait. Dorénavant, l’homme est obligé à l’égard de ce que l’humanité pourrait être. Sa responsabilité dépasse son époque, et c’est la menace qui lie les générations.

Par Jefka - Publié dans : UN MONDE DES IDEES - Communauté : La commune des philosophes
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