Partager l'article ! L'intention au-dessus du corps, de l'esprit, de l'âme: Il y a le corps qui remue, l’esprit qui parle ou bavarde, et l’âme qui murmure. Le p ...
Il y a le corps qui remue, l’esprit qui parle ou bavarde, et l’âme qui murmure. Le plaisir s’inscrit sur ces trois partitions de cette chanson dont nous sommes
la mélodie. Il est un son que fait résonner le corps, l’esprit et l’âme. Ainsi, le plaisir n’est pas le chef d’orchestre. Ce n’est pas le plaisir qui nous fait préférer les douceurs corporelles
aux joies de l’esprit, ou nous dirige volontiers vers les profondeurs de l’âme plutôt que de rester à la surface, à l’horizontal, d’un monde exclusivement matériel. Le plaisir est l’aboutissement
d’une direction empruntée, il n’en est pas le souffle. Bien-sûr, connaissant ses effets, et pour peu que nous en eussions bénéficié agréablement, on retourne allégrement vers ce qui l’autorise.
Mais c’est ici bien plus une habitude qu’une intention, parce qu’elle est un ordre du corps, de l’esprit, ou de l’âme, sans partage avec les deux autres parties. Une intention est
l’engagement de l’être tout entier, et non une inclinaison autoritaire. Que le corps subordonne la totalité du plaisir, l’esprit s’amenuise, et l’âme est vite oubliée. Que l’esprit gouverne
autoritairement, cet empire ternit l’existence en déshabillant l’être de toute sensibilité. Que l’âme enfin soit seule à ordonner, son murmure devient alors une cacophonie assourdissant la
terre pour imposer le ciel comme unique demeure. On comprend bien que tout ici, comme ailleurs, est affaire d’équilibre. Et l’on peut admettre que ce n’est pas le plaisir qui en est la
sentinelle. Il y a autre chose au-dessus du plaisir, car sinon seule l’excitation serait maîtresse de nos animations. Cette autre chose, cette part de soi, ne peut être ni le corps, ni l’esprit,
ni l’âme, en se postant comme le gardien de leur équilibre à propos du plaisir. Elle reste au-dessus, même si elle peut baisser la garde, et c’est alors que les inclinaisons prennent possession
de l’être. Ce ne peut être non plus une production combinatoire, s’agissant de garder et non de produire un effet qui le plaisir. Cette part de soi n’est pas corporelle, ni mentale, ni
spirituelle. Appelons-là intention.
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