Existentialisme-Jean-Paul-Sartre-humanisme.jpg« L'existentialisme athée, que je représente, est plus cohérent. Il déclare que si Dieu n'existe pas, il y au moins un être chez qui l'existence précède l'essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et que cet être, c'est l'homme ou, comme dit Heiddeger, la réalité humaine. » (Extrait de L'existentialisme est un humanisme – Jean-Paul Sartre).

Avec l'existentialisme, Jean-Paul Sartre reconnaît chez l'homme une liberté absolue. Si Dien n'existe pas, l'homme n'est déterminé par aucune entité supérieure. Rien ne le préétablit à sa naissance, ni même plus tard d'ailleurs. L'homme est un projet permanent ; il existe en se projetant continuellement vers un futur proche. Ainsi, Jean-Paul Sartre réfute l'idée d'un passé qui serait un poids pour l'avenir, qui le contraindrait dans ses agissements. Sartre ne croît pas à la psychanalyse, n'accordant aucun crédit au concept de l'inconscient, lequel selon Freud serait pour l'esprit un maître à bord qui ne se déclare pas, sauf à se manifester de façon détournée. Le philosophe de Saint-Germain des Prés considère qu'il s'agit là de prétextes caractéristiques d'une mauvaise foi destinés à déculpabiliser l'individu qui n'agit pas, par manque de courage, par peur ou par paresse. L'inconscient selon lui n'est pas le lieu de refoulements hérités d'antécédents douloureux. L'inconscient n'existe pas ; c'est une conscience qui s'aveugle, qui se refuse à voir certaines choses. Le seul point d'accord entre Sartre et le psychanalyste concerne le caractère significatif du détail, tous deux accordant à chaque acte aussi minime soit-il une importance révélatrice de la personnalité. Pour Sartre, il s'agit de la traduction visible du projet que constitue chaque homme. La psychanalyse par contre y voit la conséquence d'une histoire personnelle.

Jean-Paul Sartre croît aux situations. Autrement dit, l'homme existe dans l'acte, à partir des choix qui sont les siens. Ainsi, l'existence précède l'essence. Nous ne sommes rien lorsque nous arrivons au monde, nous sommmes néant. Notre personne est à construire pour devenir un être, la liberté étant le fil conducteur de cette construction. Cette proposition de Sartre valorise l'être humain parce qu'elle le place au-dessus de tout. Elle le responsabilise, mais aussi l'angoisse. En effet, rien n'étant écrit pour ce qui nous concerne, c'est à chacun qu'appartient de décider, de faire des choix sans qu'aucune consigne ne nous soit soufflée à l'oreille. Tout est possible alors, et ce champ immense et infini de liberté qui se présente devant nous est pour beaucoup un désert, où aucune indication ne permet une orientation. Impossible de savoir dans l'immédiat où aller puisque rien n'est déterminé. L'homme est ainsi seul pour avancer. Sur ce thème, Sartre écrit encore en citant Dostoïewsky : « Si Dien n'existait pas, tout serait permis. » Il poursuit : « C'est là le point de départ de l'existentialisme. En effet, tout est permis si Dien n'existe pas, et par conséquent l'homme est délaissé, parce qu'il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s'accrocher. » Le prix de la liberté en quelque sorte.

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