Partager l'article ! L'évidence comme une correspondance avec le néant: Peu de choses ont la puissance de l'évidence, celle-ci s'imposant sans alerte, sans bruit, ...
Peu de choses ont la puissance de l'évidence, celle-ci s'imposant sans alerte, sans bruit, sans arme. Tout à coup l'évidence envahit la conscience. Elle
est une surprise, bien qu'elle n'ait pas le caractère de la nouveauté. Ce qui est évident est ce que nous avons toujours su sans le savoir. L'évidence est ainsi forte parce que sa valeur ne tient
pas dans ce qu'elle transporte. Sa force, elle la puise dans le sentiment de familiarité qu'elle nous laisse. Elle est un accord, ce qui est source de bien-être. Je me sens bien dès lors que
quelque chose m'est devenu évident. Je suis comme satisfait, satisfaction d'autant plus appréciable qu'autrui n'intervient pas dans ce commerce. Les évidences commandées ne sont en effet que des
affirmations armées. Je suis donc seul avec l'évidence. D'ailleurs, je me convaincs bien souvent d'en être le maître en pensant qu'elle m'est redevable de son avènement. Et pourtant, il y a dans
l'évidence comme quelque chose d'extérieur, voire d'étranger. J'ai cette impression de la recevoir, alors que personne n'est derrière elle. Elle n'est pas non plus le discours du monde puisque
celui-ci est silencieux. Peut-être l'évidence est-elle alors une correspondance avec le néant dont nous sommes originaires, ce qui laisserait entendre le rapport d'intimité que l'on perçoit
entretenir avec elle.
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