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Dimanche 27 novembre 7 27 /11 /Nov 15:25

Intouchables.jpgIntouchables, film français de l’année 2011, est en passe, dit-on, de devenir un phénomène de société. Il faudra bien qu’un jour on définisse ce qu’est un phénomène de société à propos d’une production cinématographique, et à partir de quelle nombre d’entrées peut-on la qualifier ainsi. Mais là n’est pas mon sujet ; ce qui est intéressant, me semble-t-il, est de tenter de comprendre pourquoi un tel engouement. A l’évidence, il s’agit d’un film qui fait du bien, rafraîchissant. Et ce succès est d’autant plus fort que le rafraichissement a trait à une histoire en soi des plus dramatiques, celle d’un homme emprisonné dans son corps et veuf. L’amour et la première des libertés, se déplacer, lui sont interdits. Le handicap est si lourd que se donner la mort lui est impossible sans le concours d’autrui. Philippe, alias François Cluzet, parce qu’il s’agit de lui, est devenu un esprit pour survivre. On ne peut en effet imaginer faire la paix avec un corps défunt et pourtant si lourd, comme si de rien n’était, mais le considérer également comme un ennemi enverrait l’être tout entier dans une impasse insurmontable. Puis vient la rencontre avec Driss, incarné par Omar Sy, qui bientôt est à son service pour l’assister dans les fonctions essentielles permettant un minimum de vie sociale. Mais au-delà de la mécanique des corps, Driss permet à Philippe de retrouver sa dignité. Cette rencontre inespérée devient peu à peu une association harmonieuse, riche, entre le corps et l’esprit. Intouchables est un ainsi le film de la réconciliation du corps et de l’esprit. C’est peut-être aussi pour cela que le succès de ce film est si grand en célébrant l’être dans sa totalité, c’est-à-dire la vie. Intouchables est pour cette raison une œuvre qui nous concerne tous, y compris ceux qui la détesteront parce que populaire, y puisant tout de même un nouvel objet pour animer leur snobisme. Avec Intouchables, c’est comme si l’on savoure une bière rafraichissante sans que cela nous empêche d’apprécier par ailleurs un grand cru. Ne boudons pas alors notre plaisir. Garçon, une autre !

Par Jefka - Publié dans : NOTRE TEMPS - Communauté : La commune des philosophes
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